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Visites de zoos et compte-rendus

 

 

 

 

Accès rapide aux chapitres de la page :

         L'équipe chargée des pandas et la recherche scientifique

         Les installations

         La nutrition

         Les premières semaines de Huan Huan et Yuan Zi à Beauval

         Pour en savoir plus

 

 

J'ai eu l'immense privilège d'être accueilli le mardi 7 février par Rodolphe Delord, le directeur du zoo, pour une visite exceptionnelle avant l'ouverture au public des installations dédiées à Yuan Zi et Huan Huan. J'ai effectué cette visite inédite avec trois membres de l'équipe d'Actu'Zoo que je remercie pour leur sympathie et pour les informations qu'ils m'ont confiées.

 


L'entrée du zoo aux couleurs du couple de pandas - 14 janvier 2012 - Photo © Jérôme Pouille

 


Visite du 7 février 2012 alors que le zoo est fermé au public pour cause de neige (Photo © Jérôme Pouille)

 

 

 

L'équipe chargée des pandas et la recherche scientifique

 

Sans revenir sur les détails des négociations et de la journée d'arrivée (dimanche 15 janvier 2012) qui ont été amplement décrits sur ce site, retenons que Rodolphe Delord, directeur du zoo de Beauval, s'est rendu en Chine une quinzaine de fois en cinq ans pour faire avancer le dossier. L'arrivée de Huan Huan et Yuan Zi en France marque donc l'aboutissement d'années de travail, d'efforts personnels et financiers et de collaboration avec les autorités et les institutions chinoises. Notons également que l'idée d'héberger des pandas à Beuval est née de Françoise Delord, la fondatrice du ZooParc et mère de Rodolphe. Enfin, relevons la forte implication de Delphine Delord, sœur de Rodolphe, directrice pédagogie et communication du zoo et également vice-présidente de l'Association Beauval Conservation et Recherche.

 


Rodolphe Delord et les deux pensionnaires noirs et blancs de son ZooParc
7 février 2012 - Photo et remerciements © Damien Rochelle (Actu'Zoo)

 

L'équipe française directement chargée des pandas se compose actuellement de quatre personnes et sera rejoint probablement prochainement par une cinquième personne. Cette équipe a en charge les koalas et les pandas au zoo. C'est Delphine Pouvreau, présente à Beauval depuis plus de 10 ans, qui s'est vu confier le poste de responsable soigneur des pandas en plus de celui des koalas qu'elle occupe depuis 2002. Préalablement au transfert des pandas en France, Delphine s'est d'ailleurs rendue à la base de Chengdu pour suivre une formation pratique afin de connaître les bons gestes à réaliser avec les grands pandas.

Enfin, deux chinois de la base de Chengdu assisteront pendant les deux premières années l'équipe française. Ces chinois devraient tourner par période de six mois. Actuellement, ce sont Liu Li, vétérinaire, et Zhang Hao, soigneur, qui séjournent à Beauval. Ils ont fait le voyage dans l'avion qui a affrété les pandas en France.

La coopération va se poursuivre entre les vétérinaires chinois et français. Le zoo de Beauval, très en pointe sur l'élevage en captivité de nombreuses espèces, va apporter son savoir-faire et ses compétences aux chinois, notamment auprès d'homologues dans des zoos en Chine. Cet aspect fait partie du contrat de location des deux pandas signé entre l'Association chinoise des jardins zoologiques et le zoo de Beauval.

D'autres thèmes scientifiques vont être développés autour du panda. Un des axes majeurs de recherche sur lequel souhaite s'investir le zoo de Beauval est l'étude de la croissance des jeunes, notamment grâce à la radiographie.

Enfin, ce prêt étant en réalité une location, et même si le montant important est tenu secret, Rodolphe Delord a indiqué que les fonds versés à la Chine seraient employés entre autres pour cofinancer le quatrième recensement national des pandas sauvages, débuté en 2011, et pour cofinancer le programme de formation de jeunes pandas à la vie en milieu naturel lancé par la base de Chengdu en janvier 2012. Le zoo sera destinataire d'un rapport annuel sur l'utilisation des fonds.

 

 

Les installations

 

Les installations des pandas se composent de deux enclos extérieurs, d'une superficie totale de 2 000 m², et d'un bâtiment qui comprend deux enclos intérieurs, d'une superficie totale de 400 m², et des locaux non visibles du public situés au-dessous des allées piétonnes couvertes qui permettent de faire le tour des enclos intérieurs.

 

Le porche d'entrée dans le secteur "Sur les hauteurs de Chine" où se trouvent entre autres les installations des pandas
 14 janvier 2012 - Photos © Jérôme Pouille

 


Un des deux enclos extérieurs, sous la neige, le 7 février 2012 (Photo © Jérôme Pouille)

 

Ce bâtiment de forme rectangulaire, dénommé "Centre de conservation et de reproduction des pandas géants", abrite deux enclos intérieurs enterrés climatisés, dont un est plus grand que l'autre, d'une superficie cumulée de 400 m². Le public rentre dans le niveau supérieur du bâtiment après être passé par un grand porche typique chinois et peut alors observer via les grandes surfaces vitrées les pandas dans les enclos intérieurs en contrebas. Le cheminement piéton du niveau supérieur du bâtiment est décoré avec de grands vases chinois et de magnifiques luminaires traditionnels rouge et or ornementant le plafond.

 


Accès aux enclos intérieurs des pandas géants - 14 janvier 2012 - Photo © Jérôme Pouille

 


Cheminement piéton pour observer les pandas dans leurs enclos intérieurs.
Ce cheminement est situé au dessous des parties techniques non accessibles au public.
 14 janvier 2012 - Photo © Jérôme Pouille

 


L'accès au niveau inférieur du bâtiment, réservé au personnel - 14 janvier 2012 - Photo © Jérôme Pouille

L'accès au niveau inférieur du bâtiment, réservé au personnel - 7 février 2012 - Photo et remerciements © Alexandre Petry (Actu'Zoo)

 

Le niveau inférieur du bâtiment, situé sous les espaces piétons supérieurs (les enclos intérieurs font la hauteur des deux niveaux, cheminement supérieur accessible au public, et niveau inférieur du bâtiment réservé au personnel), est inaccessible au public. Ce niveau inférieur comporte une chambre froide de 35 m² pour le stockage des bambous, un bureau qui sert aussi de salle vidéo (les enclos sont tous équipés de caméras vidéos qui filment les pandas 24h/24, le zoo réfléchit d'ailleurs à diffuser ces images sur internet comme le font certains zoos américains), un laboratoire dans lequel est déjà installé un incubateur qui servirait potentiellement en cas de naissance, une pièce où le personnel se réunit, inscrit des annotations sur un tableau blanc et prépare la nourriture. Enfin, un long couloir dessert quatre loges de nuit qui communiquent avec les enclos intérieurs via des trappes. Dans ce bâtiment, une grande porte permet l'accès aux enclos intérieurs et deux espaces avec des barreaux permettent d'avoir un contact plus aisé avec les animaux lorsqu'ils sont dans leurs enclos intérieurs. Ces barreaux permettent la distribution de nourriture mais sont aussi équipés pour l'entraînement des pandas à donner la patte par exemple ou autre.

 

Plan des espaces techniques et des enclos du bâtiment

 


Chambre froide pour le stockage du bambou afin qu'il garde ses qualités nutritives.
Pour cela, une petite pluie artificielle arrose le bambou toutes les 15 minutes.
7 février 2012 - Photo et remerciements © Alexandre Petry (Actu'Zoo)

 


Petit bureau et salle vidéo - 7 février 2012 - Photo et remerciements © Alexandre Petry (Actu'Zoo)

 

Laboratoire dans lequel a été installé un incubateur, en prévision d'une naissance future (noté "espace soins vétérinaires" sur le plan)
 7 février 2012 - Photos © Jérôme Pouille

 


Grande salle où se réunit l'équipe en charge des pandas (notée "espace équipe des pandas" sur le plan)
 7 février 2012 - Photo © Jérôme Pouille

 

Les deux enclos intérieurs comportent plusieurs trappes qui permettent une communication entre les deux enclos intérieurs mais aussi avec les enclos extérieurs et les loges de nuit. Des rochers artificiels, un bassin et des structures en bois sont disposés dans les enclos intérieurs ; de même qu'un abreuvoir qui distribue de l'eau claire. Les murs sont recouverts de fresques imitant l'habitat naturel du panda.

Les deux enclos extérieurs sont séparés par des rochers artificiels mais des trappes permettent également une communication entre les deux. Chaque enclos extérieur dispose de structures en bois et des plates-formes où les animaux peuvent grimper, des rochers artificiels, des bassins, des cascades et de la végétation.

Dans un premier temps, les pandas encore immatures seront la plupart du temps ensemble et ne seront séparés qu'une fois qu'ils auront atteint l'âge de se reproduire (vers 5-6 ans).

4 à 5 millions d'euros ont été investis par le zoo dans ces aménagements dédiés aux pandas et entièrement conçus par Rodolphe Delord.

 

 

La nutrition

 

Lors de ma visite, Rodolphe Delord a expliqué qu'une centaine de kilos de bambous était offerte chaque jour au couple de pandas, même si les deux pandas n'en mangent que 20 à 30 kilos chacun quotidiennement.

La quantité de nourriture offerte aux pandas est systématiquement pesée, de même que les restes et les crottes, afin de connaître précisément les quantités ingérées par les deux animaux.

 

Balance et support pour peser et préparer le bambou offert aux pandas, situés à l'entrée du bâtiment non accessible au public
7 février 2012 - Photos © Jérôme Pouille

 

A ce jour, le zoo s'appuie sur trois fournisseurs :
  - la bambouseraie des Marmettes, à Fontguenand (Indre).
  - Ambiances et bambous, à Faverelles (Loiret).
 
 - RezO'Plant, à Montauriol (Lot-et-Garonne).

 

J'avais questionné le 25 janvier dernier (lire l'article), Thomas de Reze, chargé de recherches et développement à RezO-Plant.

 

Le mardi 7 février après-midi, j'ai rencontré Jean Rête, le fondateur et responsable de la bambouseraie des Marmettes, située à une vingtaine de kilomètres du zoo de Beauval. Je le remercie pour son accueil sympathique ainsi que pour le temps qu'il m'a consacré pour cette visite.

 


Jean Rête, le fondateur de la bambouseraie des Marmettes, à Fontguenand, dans l'Indre.
7 février 2012 - Photo © Jérôme Pouille

 

Même si Jean Rête m'avoue pouvoir être à la retraite depuis quelques années, il continue malgré tout à s'occuper, avec l'appui d'un employé, de la bambouseraie qu'il a fondé en septembre 1998, dans l'attente d'un repreneur. Il cultive sur une surface de 2 hectares une quarantaine d'espèces de bambous qu'il commercialise aux particuliers et aux entreprises.

Dans le "chalet" sans électricité installé à l'entrée du parc et qui fait office de bureau, impossible de rater le cadre avec une magnifique photo de panda. Jean Rête m'explique que le zoo de Beauval s'est rapproché de lui il y a maintenant presque un an pour assurer une partie de son approvisionnement en bambous pour ses nouveaux pensionnaires noir et blanc.

Juste après l'arrivée des deux pandas en France, Zhang Hao, le soigneur chinois, est venu à la bambouseraie sélectionner quelques espèces. « Il a choisi des échantillons de différentes variétés, pour les faire goûter petit à petit aux pandas, explique Jean Rête.

Et c'est ainsi qu'actuellement deux fois par semaine des employés du zoo viennent chercher la commande qu'ils ont en général passé la veille. Après des essais de plusieurs espèces de bambous, le zoo commande en ce moment 3 espèces à Jean Rête : Phyllostachys humilis, Phyllostachys bissetii et Phyllostachys dulcis. La dernière commande porte sur 100 kg de chacune des trois espèces, l'avant-dernière ne comprenait que 250 kilos (100 kg de P. humilis, 100 kg de P. bissetii et 50 kg de P. dulcis).

 


Phyllostachys bissetiii, une des trois espèces envoyées à Beauval le jour de ma visite
Bambouseraie des Marmettes - 7 février 2012 - Photo © Jérôme Pouille

 

Phyllostachys humilis, choisie par le zoo de Beauval
Bambouseraie des Marmettes - 7 février 2012 - Photos © Jérôme Pouille

 

Phyllostachys dulcis, dont la canne est plus grosse que les deux autres espèces commandées début février par Beauval.
Bambouseraie des Marmettes - 7 février 2012 - Photos © Jérôme Pouille

 

Il a également envoyé, en quantités plus restreintes, du Phyllostachys viridis et du Phyllostachys violascens.

 


Phyllostachys viridis, le 7 février 2012, à la bambouseraie des Marmettes - Photo © Jérôme Pouille

 

Phyllostachys violascens, envoyé à Beauval après l'arrivée des pandas.
La bambouseraie des Marmettes a quasiment épuisé ses pieds de cette espèce.
7 février 2012 - Photos © Jérôme Pouille

 

Une fois coupés au ras du sol, la totalité des bambous est conditionnée en fagots de 10 kilos et de 3 mètres de long et triée par espèce. Le zoo lui a prêté une balance afin de calibrer les fagots.

Jean Rête cultive ses bambous sans apport en nitrate et sans pesticide.

En complément du bambou servi à huit reprises dans la journée, le zoo de Beauval fournit également des pommes aux deux pandas ainsi que 150 grammes de granulés folivores (à base de végétaux et vitamines) par jour et par animaux.

 

 

Les premières semaines de Huan Huan et Yuan Zi à Beauval

 

Le jour de ma visite, cela faisait plus de trois semaines que la femelle Huan Huan et le mâle Yuan Zi étaient installés dans leur résidence à Beauval, où ils vont rester durant dix ans. Pour l'instant, le public n'a pas accès aux pandas car ces derniers sont en quarantaine et ce pour une durée de quatre semaines comme l'exige la base de Chengdu d'où sont originaires les animaux. Seuls la presse et quelques privilégiés ont pu avoir un accès anticipé pendant cette période.

Selon Rodolphe Delord, les deux pandas se sont parfaitement acclimatés à leur nouvel environnement. Ils ont perdu entre 5 et 6 kilos chacun après leur arrivée en France ; cette perte de poids étant due au voyage et à l'habituation aux nouveaux bambous. Mais depuis ils ont repris leurs kilos perdus et vont poursuivre normalement leur croissance.

Pour l'instant, et ce durant la période de quarantaine, la paire de pandas est restée à l'intérieur et les deux animaux n'ont pas encore découvert leurs enclos extérieurs.

L'ouverture au public, qui signait également la fin de la quarantaine, devait avoir lieu samedi 11 février dernier. Malheureusement, la neige recouvrant les allées du zoo, ce dernier a été entièrement fermé au public jusqu'à nouvel ordre.

 


Huan Huan, le 7 février 2012, dans l'enclos intérieur (Photo © Jérôme Pouille)

 

Yuan Zi, le 7 février 2012 (Photos © Jérôme Pouille)

 

Huan Huan, le 7 février 2012 (Photos © Jérôme Pouille)

 

Yuan Zi, le 7 février 2012 (Photo © Jérôme Pouille)

 

 

Pour en savoir plus

 

        > Pandas en France : de Vincennes à Beauval : la page du site consacrée aux pandas français avec notamment toute l'information concernant les pandas du ZooParc de Beauval

        > Chronique du Pandassadeur français DAVID ALGRANTI, présent à Chengdu la semaine précédant le départ de Huan Huan et Yuan Zi vers la France

        > Où voir des pandas hors de Chine : la liste actualisée des zoos qui hébergent des pandas hors de Chine

        > Forum Actu'Zoo

        > Site officiel du ZooParc de Beauval

        > Blog du ZooParc de Beauval consacré aux pandas : pandas.zoobeauval.com