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10 août 2011 : Des chercheurs ont mis au point un test pour différencier une gestation d'une pseudo-gestation et d'une gestation avortée chez le grand panda :


Chez le grand panda, les naissances ont lieu généralement entre juin et octobre avec une gestation qui peut varier de 83 à 200 jours (record de 324 jours en captivité détenu par Ji Ni en 2007 - lire l'article) avec une moyenne de 140 jours. Cette large fourchette s'explique par le délai d'implantation (appelé aussi diapause embryonnaire ou nidation différée), un intervalle de durée variable entre l'ovulation et l'implantation dans l'utérus du noyau de la cellule qui formera l'embryon et ainsi le début du développement fœtal.

Le délai d'implantation, durant lequel les embryons résultants flottent librement dans l'utérus, a lieu chez tous les ours probablement pour que la naissance ait lieu au moment le plus propice de l'année pour la survie du bébé. On pense que ce délai permet à la cellule de s’adapter aux variations de nourriture et d’altitude dans l’aire du panda.

Le phénomène déclenchant l'implantation est inconnu chez cette espèce.

Le panda géant peut également connaître une pseudo-gestation (pas de conception) lors de laquelle la femelle exprime des changements comportementaux, physiologiques et hormonaux similaires à ceux d'une grossesse véritable. Les signaux comportementaux et physiologiques associés à la fois à la grossesse et à la pseudogestation incluent une baisse d'appétit, la construction du nid, les comportements de berçage, un gonflement et une coloration de la vulve, un grossissement des glandes mammaires et une léthargie. De même, les modalités temporelles et quantitatives de la progestérone (une hormone suivie dans l'urine) sont les mêmes entre gestation et pseudo-gestation. Le suivi hormonal traditionnel n'est donc pas efficace pour différencier une gestation d'une pseudo-gestation.

Il n'existait pas jusqu'en 2011 de test définitif permettant de différencier une gestation véritable d'une pseudo-gestation chez le panda géant. Seul un test (EDPAF pour " facteur activant les plaquettes dérivé de l'embryon") s'était récemment montré efficace mais est invasif (nécessite au minimum deux prises de sang).

Très récemment, en juillet dernier, quatre chercheurs des zoos américains de Memphis, San Diego et Washington (ces trois zoos hébergent des pandas) ont publié une étude dans la revue scientifique PLoS ONE 6(7) dans laquelle ils démontrent qu'il est possible de faire la distinction entre gestation, pseudo-gestation et gestation avortée grâce à un test urinaire non invasif. La protéine quantifiée, dont les concentrations urinaires diffèrent temporellement et quantitativement entre ces trois types de gestations, est la céruloplasmine (connue aussi sous les noms de céruléoplasmine ou ferroxydase) qui est un marqueur de l'inflammation.

La différenciation entre une gestation véritable et une pseudo-gestation peut se faire dès la première semaine qui suit l'œstrus et donc l'accouplement.

Outre l'avancée scientifique de pouvoir différencier une gestation d'une pseudo-gestation par un test non invasif, cette étude permet également de différencier une pseudo-gestation d'une gestation avortée qui résultent toutes deux à une absence de naissance. Or, l'étude semble montrer qu'il existe un fort taux de perte de gestation (= gestation avortée) chez le panda géant, ce qui est différent du phénomène de pseudo-gestation, ce dernier était sans doute surestimé jusqu'ici dans les cas d'absence de parturition.

Notons qu'une gestation peut avorter naturellement suite à plusieurs phénomènes : mort embryonnaire ou fœtale, expulsion de l'embryon ou du fœtus, résorption fœtale ou embryonnaire...

 

Auteur : Jérôme POUILLE

 

Références complètes de l'étude : Willis EL,  Kersey DC,  Durrant BS,  Kouba AJ, 2011 The Acute Phase Protein Ceruloplasmin as a Non-Invasive Marker of Pseudopregnancy, Pregnancy, and Pregnancy Loss in the Giant Panda. PLoS ONE 6(7): e21159. doi:10.1371/journal.pone.0021159 (consultable via ce lien)

 

Pour en savoir plus :

        > Reproduction et croissance du jeune

        > Le panda en captivité