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14 décembre 2009 : Les scientifiques ont dressé la carte détaillée du génome du panda :


Des scientifiques chinois ont achevé une carte détaillée du génome du panda géant, a-t-on appris dimanche 13 décembre de l'Administration forestière d'Etat.

Le projet était dirigé par la filiale de l'Institut de génomique de Beijing à Shenzhen, qui avait également participé au projet de séquençage du génome du panda géant, achevé en octobre 2008.

Les recherches de cette année montrent que le panda géant compte 21 paires de chromosomes, dont une paire de chromosomes sexuels. La taille du génome de l'animal est de 2,4 milliards de bases (2,4 Gigabases). Il se compose de 36% de séquences répétées et d'environ 21 000 gènes.

Une forte similarité entre les génomes du panda géant et du chien a été observée grâce aux recherches (80% de conservation de l’ordre des gènes entre les deux génomes, contre 68% avec le génome humain), qui soutiennent également l'opinion de la plupart des scientifiques selon laquelle "le panda géant pourrait être une sous-espèce d'ursidé".

L'Institut de zoologie de l'Académie des sciences de Chine, l'Institut de zoologie de Kunming, le Centre de recherche sur la reproduction des pandas géants de Chengdu et le Centre chinois pour la recherche et la protection des pandas géants ont également participé aux recherches.

Ces recherches ont permis d'établir des données scientifiques qui seront utiles à la protection, à la prévention des maladies et à la reproduction artificielle des pandas géants, ont indiqué les chercheurs.

Les chercheurs essaient également de mieux comprendre pourquoi les grands pandas ne vivent que de bambous, ce qui limite l'extension et le pouvoir d'adaptation de l'espèce.

L'étude signée par plus de 100 scientifiques chinois et étrangers confirme que le génome du grand panda possède tous les gènes nécessaires pour digérer la viande, alors qu'il lui en manque pour absorber le bambou. Pourquoi le panda préfère-t-il se nourrir de graminées plutôt que de viande? Il pourrait s’agir au moins en partie d’une histoire de goût. Les chercheurs ont découvert qu’un gène impliqué dans la fabrication des récepteurs d’un goût fondamental, l’umami, est inactif chez le panda. Or ce goût, comme le sucré, est associé chez les mammifères aux aliments à forte valeur nutritive, comme la viande.

L'étude montre également que le panda a un degré élevé de diversité génétique, environ deux fois plus que l'homme. "Cela montre que la panda a de fortes chances de survie malgré la taille petite des populations" explique Wang Jun, le directeur de l'Institut de génomique de Beijing à Shenzhen.

Mais il ne faut pas oublier que la protection du panda dans son milieu naturel doit rester la priorité. Comme le rappelle Fan Zhiyong, du WWF Chine, cette avancée scientifique aura peu d'impact sur les efforts de conservation. "Leur habitat est de plus en plus petit et si nous n'avons plus de pandas un jour, que ferons nous de ses gènes" argumente-t-il.

Mais pour Wang Jun, cette connaissance génétique est cruciale pour mieux orienter les efforts de conservation.

L'étude complète sera publiée dans la revue scientifique anglaise Nature.

 

Auteur : Jérôme POUILLE

Sources : Xinhua, Nature.com

 

A lire :

        > 13 octobre 2008 : Les scientifiques chinois marquent une première étape dans le séquençage du génome du panda

        > 7 Mars 2008 : Projet de séquençage du génome du panda géant