# A la une :    #PandaAlbinos    #Naissances2019    #YuanMeng       #Livres    #Réintroduction

 

13 janvier 2006 : Coup de pouce d'un carnivore fossile à une meilleure connaissance du panda :


PARIS (AFP) - Un carnivore fossile mis au jour en Espagne a donné un coup de pouce à une meilleure connaissance des pandas, avec lesquels il partage une particularité anatomique, un deuxième pouce, opposable aux autres doigts, révèle une équipe scientifique franco-espagnole.

Ce prédateur de la taille d'un puma, vieux d'une dizaine de millions d'années, était déjà connu grâce à des crânes, mais le site de Batallones-1, près de Madrid, a livré des restes plus complets, notamment ceux de sa main à six doigts, précisent les chercheurs dans la dernière livraison des Comptes rendus de l'Académie des sciences des Etats-Unis, les PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).

Le doigt supplémentaire, ou "faux pouce", formé par un os du carpe (l'os sésamoïde radial) hypertrophié est d'une importance vitale pour le célèbre panda géant et son petit semblable sans parenté directe, le panda rouge, qui l'utilisent pour attraper plus facilement les pousses de bambous dont ils se nourrissent.

En l'observant, le paléontologue américain Stephen Jay Gould avait élaboré, il y a plus d'un quart de siècle, son concept de contingence (hasard) dans l'évolution, c'est-à-dire une hypothèse selon laquelle la vie est soumise non pas à des transformations lentes et continuelles, comme l'imaginait Darwin, mais à des choix rapides et aléatoires. A ses yeux, avec leur faux pouce, les pandas étaient les détenteurs uniques de cette transformation.

Le carnivore découvert en Espagne, Simocyon batalleri, fournit une vision différente de l'évolution des pandas, expliquent, dans les PNAS, les Espagnols Manuel Salesa, Mauricio Anton et Jorge Morales, du Musée national d'histoire naturelle de Madrid, et leur collègue français Stéphane Peigné, de l'Université de Poitiers.

En effet, l'analyse de ces ossements a révélé que Simocyon était apparenté au panda rouge. Les scientifiques en déduisent que le sixième doigt de ce dernier animal est hérité d'un membre primitif de sa famille, adapté tout simplement à la vie dans les arbres. Chez le petit panda, l'utilisation du sixième doigt pour la manipulation d'aliments est donc apparue secondairement.

Le faux pouce du panda géant, apparenté aux ours, semble en revanche avoir bien évolué pour permettre de saisir les pousses de bambou. Les deux pandas représentent ainsi un des cas les plus remarquables de convergence (apparition de caractères similaires chez des espèces sans parenté) chez les vertébrés.