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Exposition à la base et au zoo de Chengdu pour combattre le trafic illégal des espèces animales et végétales

Publié le : 14 février 2014  |  Auteur : Jérôme POUILLE  |  Sources : Melissa Katz, WWF, zoo de Chengdu, base de Chengdu  | Remerciements : Melissa Katz et l'équipe projet de la base et du zoo de Chengdu

 

Les 22 et 23 juillet 2013, nous avions participé à deux journées consacrées au trafic de la vie sauvage, notamment le trafic animal, dans le cadre de notre projet Chengdu Pambassador.

A l'initiative de ce projet, le zoo de Chengdu et la base de recherches de Chengdu sur l'élevage du panda géant (Chengdu Research Base of Giant Panda Breedingqui souhaitaient monter une exposition pour le début d'année 2014 pour sensibiliser leurs visiteurs à ce fléau qu'est le commerce illégal des végétaux et des animaux.

Une équipe projet a travaillé autour de cette exposition, dont Melissa, ma co-gagnante américaine. Elle a notamment conçu les bannières et panneaux d'information.

L'exposition a été inaugurée pour le Nouvel an chinois et a été établie notamment grâce au soutien financier du zoo de Chester et de la Fondation d'Ocean Park Hong Kong pour la conservation (Ocean Park Conservation Foundation Hong Kong - OPCFHK).

 


Les visiteurs sont invités à s'engager à ne plus "consommer" de vie sauvage en apposant symboliquement leur signature - © Melissa Katz

 


Des visiteurs au zoo de Chengdu découvrent l'exposition - © Chengdu zoo

 

L'accent est mis autour de 6 espèces animales, au cœur du trafic animal en Chine : le requin, les tortues, le tigre, le rhinocéros, l'ours et l'éléphant.

 


Les 6 panneaux pour sensibiliser sur les 6 espèces qui paient un lourd tribut en Chine à ce trafic - © Melissa Katz

 

Le trafic de la vie sauvage est le commerce illégal des végétaux et des animaux.

Chine, mais aussi États-Unis, Japon et Vietnam sont les quatre plus gros consommateurs illicites de "vie sauvage", que ce soit pour se nourrir, pour la gloire, comme animaux de compagnie, ou encore pour la médecine traditionnelle ou les croyances diverses et variées.

Par exemple, les tigres vont être chassés et tués pour alimenter le marché chinois. En Chine, les os de tigres sont censés augmenter la virilité des hommes, lutter contre les fragilités osseuses, lutter contre les fractures, lutter contre les rhumatismes... Et des vertus sont même prétendues au pénis de tigre. Sans oublier que la fourrure de l'animal va faire la fierté des riches collectionneurs qui n'ont trouvé d'autres moyens pour exposer leur puissance et leur argent.

L'Asie est majoritairement responsable du massacre des éléphants en Afrique pour alimenter le marché de l'ivoire.

En Chine, l'ours noir d'Asie ou ours du Tibet est aussi la cible de ce trafic. Ses pieds figurent au panel de la cuisine chinoise, sa bile est prétendue soigner les maladies oculaires, les maladies du foie et chasser les substances toxiques du corps. Sans oublier que sa fourrure est aussi prisée des collectionneurs.

Plus largement, et pour ne citer que quelques exemples parmi les plus démonstratifs, quelques 100 millions de requins meurent chaque année dans les océans après s'être fait couper leur aileron alimentant le marché mondial, les thons rouges de la Méditerranée sont surpêchés pour la cuisine notamment japonaise, et des centaines d'autre espèces animales sont ainsi massacrées et en voie de disparition pour alimenter nos assiettes, mais aussi nos désirs de fourrure, nos coutumes, nos lubies d'héberger un animal sauvage à la maison (les fameux "NAC" pour "nouveaux animaux de compagnie") ou tout simplement car avoir un trophée de chasse d'un animal sauvage est censée être synonyme de gloire et de puissance.

Ces trafics et commerces des animaux menacent la biodiversité, perturbent les équilibres naturels en ôtant des espèces pour toujours ou au contraire en introduisant de nouvelles espèces dites invasives ou exotiques, menacent la vie sauvage et par effet indirect l'espèce humaine.

Le trafic de la vie sauvage, animal ou végétal, est souvent annoncé comme le troisième plus gros négoce illégal au monde, derrière la drogue et les armes, même s'il est difficile à quantifier car illégal.

Quelques chiffres issus du rapport très complet de décembre 2012 publié par le WWF (version française accessible ici) font froid dans le dos :

   - Chaque année, 100 millions de tonnes de poissons, 1,5 million d’oiseaux vivants et 440 000 tonnes de plantes médicinales sont victimes du commerce illégal,

   - En 2011, d’importantes saisies ont permis d’intercepter de l’ivoire illégal provenant, selon les estimations, de 2 500 éléphants,

   - Le commerce illégal d’espèces sauvages (sans compter le commerce du bois et de la pêche) a été estimé à 10 milliards de dollars par an. Pour la pêche illégale, environ 9 milliards, et 7 milliards pour le bois illégal.

   - Le prix de la corne de rhinocéros a atteint les 60 000 dollars le kilo, soit deux fois celui de l’or ou du platine, et a aujourd'hui plus de valeur sur le marché noir que les diamants ou la cocaïne.

Aujourd'hui, il est aisément compréhensible que nous pouvons vivre exactement de la même manière sans aucun de ces produits issus du trafic illégal, la très grosse majorité de ce trafic étant pour alimenter un marché de conforts ou de croyances dépassées.

Chacun a un rôle à jouer en cessant d'acheter tous les produits dérivés de la vie sauvage, en se nourrissant de produits non issus du trafic, en cessant d'attribuer des propriétés médicinales aux produits dérivés d'animaux tués illégalement, en agissant comme un consommateur responsable.

 

Que faire notamment ?

  - ne pas acheter ou utiliser de produits médicinaux à base d'espèces animales, notamment à base de poudre d'ivoire, de cartilage de requin, de bile d'ours, de poudre d'os de tigre...,

  - ne pas acheter d'ivoire, y compris sous forme de bijoux ou statuettes, notamment lors de voyages,

  - bannir les produits cosmétiques à base d'animaux,

  - bannir les plats asiatiques à base d'ailerons de requin (notamment des soupes), de tortues, ou d'autres espèces animales sauvages,

  - ne pas participer aux activités lucratives qui font travailler des animaux sauvages comme les cirques, les promenades en éléphant en Asie (Thaïlande notamment),

  - ne jamais acheter de bois tropical ou dont la provenance n'est pas connue. Privilégier les bois avec le label FSC,

  - ne jamais oublier la cruauté barbare qui se cache derrière les produits issus d'espèces animales sauvages.

 

VOUS AUSSI, DITES NON AUX PRODUITS DERIVES DES ESPECES SAUVAGES ! NE PARTICIPEZ PAS A CET HORRIBLE TRAFIC !

 


Le logo lancé pour l'occasion - © Melissa Katz

 

Enfin, une page facebook est lancée et chaque "j'aime" est un engagement à bannir les produits issus du trafic illégal des espèces sauvages. Des actualités seront régulièrement postées.

 

Pour en savoir plus : 

        > Suivez la page facebook "Stop Wildlife Trade" ("Stop au trafic de la vie sauvage")

        > My Amazing Panda Adventure : le blog de Melissa, ma co-gagnante Pambassador

        > L'article sur le site de la base de Chengdu

        > L'article sur le site du zoo de Chengdu

        > Activités des lundi 23 et mardi 24 juillet 2013 sur le trafic animal

        > TRAFFIC, un programme commun du WWF et de l'IUCN, est le réseau de surveillance du commerce de la faune et de flore sauvages

 

Actualité complémentaire : La France détruit un stock d’ivoire :

Publié le : 6 février 2014  |  Source : TRAFFIC

Aujourd’hui, la France devient le dernier pays à détruire ses stocks d’ivoire, faisant suite aux événements publics récents de destruction d’ivoire au Gabon, aux Philippines, aux USA, en Chine, et à l’annonce par Hong Kong de son intention de détruire 28 tonnes d’ivoire.

Plus de 15 000 pièces d’ivoire saisies par les douaniers français à l’aéroport de Paris Roissy sur une période de 21 ans, entre 1987 et 2007, ont été détruites, pour une masse totale de 3 tonnes.

La plupart des ivoires sont des bibelots saisis sur des touristes qui alimentent involontairement le commerce de l’ivoire en faisant des achats imprudents sur les marchés d’ivoire non réglementés dans le monde, seulement pour se les voir saisis à leur retour à la maison car il s’agit d’une violation à la réglementation sur le commerce international d’espèces sauvages.

Le mois dernier, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) a réalisé un inventaire des défenses, des pièces brutes et travaillées qui ont été détruites.

Par  cette  action,  le gouvernement a souhaité marquer sa solidarité avec les pays africains, et afficher sa détermination nationale à joindre la lutte globale contre la criminalité sur les espèces sauvages.

La France devient ainsi le premier pays européen à procéder publiquement à la destruction d’une partie de son stock détenu par les autorités gouvernementales : cela fait suite à une annonce, en décembre dernier, faite par le Président de la République, François Hollande, à l’occasion de la table ronde du 5 décembre dernier organisée en marge du Sommet pour la Paix et la  Sécurité  en  Afrique.

« La démarche de la France aujourd’hui est d’envoyer un message fort aux européens, et en particulier aux touristes français et aux hommes d’affaires, qu’acheter de l’ivoire comme souvenirs contribue directement à la crise des éléphants à laquelle nous faisons face aujourd’hui », a dit Tom Milliken, expert de TRAFFIC sur les questions de commerce d’ivoire.

« Mais, pour parler franchement, il est probable que la destruction d’ivoire dans les grands pays consommateurs d’ivoire, comme la Chine, ait plus d’impact. Au-delà d’influencer les consommateurs locaux, cependant, il reste à voir quel effet des événements de destruction comme celui-là ont sur la dynamique du commerce illégal de l’ivoire ».

La théorie économique classique soutient que la réduction de l’offre face à une demande forte pourrait mener à une augmentation des prix, une perspective qui pourrait stimuler les criminels, qui recherchent le profit, à braconner davantage d’éléphants et faire davantage de trafic d’ivoire.

«  Nous avons besoin de surveiller étroitement la situation maintenant et voir quel impact, s’il y en a, cette succession d’événements de destruction d’ivoire a produit », a dit Milliken. « Il nous faudrait des preuves pour nous dire si nous sommes sur le droit chemin, ou si cette réduction de la demande est contre-productive ».

La semaine prochaine, les Chefs d’Etat et les Ministres des Affaires Etrangères d’environ 50 pays se rencontrent à Londres à l’occasion d’un Sommet sous le patronage du Premier Ministre David Cameron, le Ministre des Affaires Etrangères William Hague, et le Ministre de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires Rurales Owen Paterson. Le Président du WWF Angleterre, son Altesse Royale le Prince de Galles et son fils, son Altesse Royale le Duc de Cambridge, participeront eux-aussi aux événements de la Conférence de Londres.

La Conférence cherchera des engagements de la part de gouvernements prioritaires clés pour combattre la menace globale et croissante posée par le commerce illégal des espèces sauvages.