Vous accédez dorénavant à ce site via l'adresse www.panda.fr - Mettez à jour vos favoris, merci de votre fidélité - Jérôme

 

Accès rapide aux chapitres de la page :

         Fiche d'identité

         Sous-espèces

         Coloration

  

 

Fiche d'identité

  

 NOM COMMUN : Grand panda ou panda géant

 NOM SCIENTIFIQUE (NOM LATIN) : Ailuropoda melanoleuca

 

NOM CHINOIS :

 

RÈGNE : Animal

EMBRANCHEMENT : Chordés

SOUS-EMBRANCHEMENT : Vertébrés

CLASSE : Mammifères

SOUS-CLASSE : Thériens

INFRACLASSE : Euthériens

ORDRE : Carnivores

FAMILLE : Ursidés

SOUS-FAMILLE : Ailuropodinés

IDENTIFICATION : Coloration caractéristique. Ours noir et blanc très particulier.

TAILLE : De 1,20 m à 1,50 m (tête et corps), 12 à 13 cm (queue)

POIDS : De 75 à 160 kg pour le mâle, de 10% à 20% au dessous pour la femelle. Le bébé ne pèse que 100 à 200 grammes

 

RÉPARTITION : Chine (6 massifs dans 3 provinces) :

 


Localisation de l'habitat du panda, à l'échelle de la Chine

 

Monts

Province(s)

Nombre de comtés occupés par le panda

Superficie de l'habitat (km²)

Nombre de pandas

Qinling

Shaanxi & Gansu

9

3 529,14

275

Minshan

Gansu & Sichuan

15

9 603,13

708

Qionglai

Sichuan

9

6 101,22

437

Daxiangling

Sichuan

2

810,26

29

Xiaoxiangling

Sichuan

3

802,04

32

Liangshan

Sichuan

7

2 204,12

115

TOTAL 

-

45

23 049,91

1 596

 

Les données de ce tableau sont issues du troisième recensement, de 2004.

 

Ci-dessous les résultats détaillés :

 


 

Pour en savoir plus :

        > 10 Juin 2004 : La Chine compte plus de 1750 pandas

        > Répartition et habitat du panda géant

 

HABITAT : Montagnes boisées avec sous bois de bambou; 23 000 km²

RÉGIME ALIMENTAIRE : Herbivore, ne mange pratiquement que des bambous

STRUCTURE SOCIALE : Assez lâche, individus territoriaux, seuls

SONS ET COMMUNICATION

MATURITÉ SEXUELLE : 5-6 ans

SAISON DE REPRODUCTION : Accouplements de mi-mars à mi-mai

DURÉE DE GESTATION : De 97 à 163 jours; délai d'implantation de 1,5 à 4 mois

NOMBRE DE JEUNES PAR PORTÉE : De 1 à 3, habituellement un seul survit

LONGÉVITÉ : De 20 à 30 ans dans le milieu naturel

EFFECTIFS, TENDANCES : 1596 selon le recensement de 2004

STATUT (PROTECTION) : Intégralement protégé - ANNEXE 1 de la CITES et classé dans la "IUCN - Red List des espèces menacées"

 

Pour en savoir plus :

        > Fiche "liste rouge" du statut du panda publiée par l'IUCN : Le panda est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées publiée par l'IUCN (Union mondiale pour la nature). Cette liste constitue la source d'information faisant le plus autorité dans le monde sur le statut des plantes et des animaux

        > Fiche "CITES" du statut du panda : Le panda est classé en Annexe 1 de la CITES. Le commerce concernant l'espèce ou les produits dérivés de l'espèce est très strictement réglementé par les États membres (ou Parties), toute transaction à des fins purement commerciales étant totalement proscrite. La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, connue par son sigle CITES ou encore comme la Convention de Washington, est un accord international entre États. Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent

        > Les réserves naturelles pour protéger l'habitat du panda : Fin 2009, la Chine compte 67 réserves naturelles pour la protection des populations sauvages de pandas

        > Liste des réserves naturelles pour la protection du panda (PDF)

 

REMARQUES : Emblème du Fonds Mondial pour la Nature (WWF)

 

RELATIONS AVEC LES AUTRES CARNIVORES :

 

 Cet arbre phylogénétique montre que le panda s'est séparé des autres ours il y a environ 22 millions d'années.
Les ours se sont quant à eux séparés des ratons laveurs il y a plus de 40 millions d'années.

 

  

Sous-espèces

 

L'habitat des pandas s'est, dans les cent dernières années, restreint à six massifs montagneux (Qinling, Minshan, Qionglai, Daxiangling, Xiaoxiangling, Liangshan) isolés situés dans les provinces du Sichuan, du Gansu et du Shaanxi, en Chine.

Rappelons qu'une séparation de populations d'une même espèce par des conditions naturelles tels des glaciers, des déserts ou des océans pendant une longue période peut entraîner une adaptation particulière ou un isolement génétique. Ainsi, si les populations séparées d'une même espèce montrent des différentiations significatives d'adaptation aux différents habitats (niches écologiques) ou des différentiations génétiques significatives, alors ces populations peuvent potentiellement conduire à une sous-espèce.

Parallèlement, les activités humaines ou l'introduction d'espèces exotiques peuvent conduire à une fragmentation des populations. Il est alors difficile de discerner pour les généticiens et les écologistes les isolements dus aux facteurs historiques naturels de ceux dus à une activité humaine récente.

En 2005, des analyses scientifiques de la morphologie du crâne et des dents (16 critères morphologiques ont été comparés en tout) ainsi que des comparaisons de couleur du pelage ont permis la description d'une sous-espèce de panda. Cette sous-espèce correspond à la population de pandas géants des Monts Qinling, dans la province du Shaanxi.

Cette étude, basée principalement sur deux critères, la taille du crâne et celle des molaires, sépare en deux groupes distincts la population de pandas de Qinling et les cinq autres populations de pandas du Sichuan.

Les pandas des Monts Qinling présentent des crânes significativement plus petits et des molaires plus larges que ceux du Sichuan.

Ajouté à cela, la comparaison de la coloration du pelage montre que les individus du Sichuan ont des tâches noires et un pelage ventral blanc tandis que les pandas de Qinling ont des tâches brun foncé et un pelage ventral brun.

Les résultats de l'étude montrent donc que la nouvelle sous-espèce de Qinling a un crâne plus petit, des molaires plus larges, des tâches brun-foncées et un pelage ventral brun.

Les scientifiques estiment que la population de pandas des Monts Qinling s'est séparée des cinq autres populations il y a approximativement 10 000 ans.

La nouvelle sous-espèce décrite, celle correspondante à la population de Qinling, est nommée Ailuropoda melanoleuca qinlingensis. L'autre sous-espèce, celle correspondante aux populations du Sichuan, est nommée Ailuropoda melanoleuca melanoleuca.

 


Différences de couleurs entre les pandas de la population de Qinling (sous-espèce Ailuropoda melanoleuca qinlingensis) et ceux des autres populations (Ailuropoda melanoleuca melanoleuca) :
A, B, C : populations du Sichuan
D, E, F : population de Qinling
A et D : poitrine
B et E : couleur du ventre la plus répandue
C et F : couleur du ventre moins répandue

 

 

 

 

Coloration

 

 

La particularité du panda est naturellement la coloration de son pelage. Selon une théorie, les marques noires et blanches lui permettent un camouflage au milieu des neiges et des ombres de son habitat naturel, mais plus vraisemblablement, elles constituent un avertissement pour les éventuels prédateurs. Malgré l’apparente douceur de l’animal, ses mâchoires adaptées à broyer le coriace bambou peuvent infliger de terribles morsures à ses ennemis. Sa démarche lente et maladroite donne à penser que le panda a développé sa coloration comme un signal d’avertissement, à l’image de la moufette (le putois d’Amérique).

Une légende tibétaine rend compte à sa manière de l'origine des marques qui caractérisent les grands pandas. Il fut un temps où ils étaient entièrement blancs. Mais un jour, alors qu'une mère panda et son petit jouaient avec une bergère qui gardait son troupeau, un léopard attaqua le petit. La bergère lui sauva la vie, mais trouva la mort en le défendant. Émus par son courage, les pandas décidèrent, pour son enterrement, de se conformer aux rites locaux qui voulaient que les participants se couvrent les bras de cendre. Comme ils s'essuyaient leurs larmes avec leurs pattes et se bouchaient les oreilles pour ne pas entendre les sanglots des trois sœurs de la défunte, la cendre leur noircit la peau.

Le pelage du panda est court et fourni. Ses poils varient entre 3 et 10 cm selon la région du corps. Le pelage court et épais du panda lui apporte une superbe isolation pour affronter l'humidité et le froid hivernal des montagnes qu'il habite.

 

 

Pour en savoir plus : 17 Février 2005 : Il est urgent de protéger la sous-espèce de panda géant

 

 

Classification

 

Pendant des années, la communauté scientifique dans son ensemble accepta le panda géant comme un “raton laveur aberrant”. Après tout, il y a des millions d’années, il avait évolué, avec le petit panda ou panda doré, à partir d’un ancêtre carnivore commun ; or l’ancêtre du petit panda était solidement classé dans la famille des ratons laveurs. On les avait groupés dans la même famille en raison des grandes affinités du squelette, de la dentition, des organes génitaux et du pelage. Milne-Edwards avait avancé que l’apparence du panda géant ne représentait qu’une trace d’un ancêtre commun à l’ours et au raton laveur. Certains zoologistes considéraient que son comportement et sa biologie faisaient du grand panda un membre de la famille des ratons laveurs ; d’autres suggéraient un classement différent.

En 1964, D. Dwight Davis, conservateur du département Mammifères au Field Muséum d’histoire naturelle de Chicago, publia une monographie classique démontrant que le panda était un ours modifié, qui avait acquis des caractères hautement spécialisés. Son analyse se fondait sur une étude comparative détaillée des systèmes organiques. Les différences entre ours et pandas observées par Davis résidaient principalement dans la taille, supérieure chez le panda, et dans la puissance de la dentition et des muscles faciaux adaptés pour broyer les pousses fibreuses de bambous, qui forment la nourriture essentielle de l’animal à l’état sauvage. A leur tour, les épaules et les membres antérieurs se sont modifiés, donnant au panda cet aspect lourdaud et cette allure “à l’amble” caractéristique. L’animal ne se déplaçait pas bien et sans doute n’y était-il pas contraint, car durant la plus grande partie de son histoire, il vécut dans un environnement sans prédateur, si bien qu’il ne cherchait jamais à y échapper. Selon ses conclusions, les affinités entre le grand et le petit panda résultaient davantage d’une évolution vers des fonctions semblables que d’une ascendance commune ; en revanche, sur le plan généalogique, ils n’étaient pas des proches parents. Selon Davis, quelques alternances génétiques mineures auraient donné naissance à un panda au lieu d’un ours, et les similitudes biologiques l’emporteraient de loin sur les différences.

Malgré l’étude apparemment définitive de Davis, il fallut attendre plus de 20 ans pour que les scientifiques démontrent de façon convaincante ou acceptent cette théorie. Au milieu des années 1980, une équipe de généticiens conduite par Stephen J.O'Brien, coprésident du comité international de la "Comparative Gene Mapping" (“carte comparative des gènes”), procède à une série d’expérience sur le grand panda et l’ours. Ils utilisèrent les mêmes techniques qui avaient servi à déterminer les liens de parenté avec un petit de Ling-Ling né à Washington. Leur critère se fondait sur une comparaison du nombre et de la forme des chromosomes et sur la capacité des systèmes immunitaires de ces animaux à accepter ou à rejeter des tissus étrangers.

Le fait que les ours possèdent 74 chromosomes et les grands pandas seulement 42 semblait contredire une étroite parenté, mais les chercheurs découvrirent que les chromosomes plus courts de l’ours avaient fusionné pour former les chromosomes moins nombreux et plus longs du panda. En attendant, les chromosomes de seulement deux petits pandas révélèrent avoir des contre-parties soit chez l’ours soit chez le grand panda, tandis qu’il y en avait 14 présentant une structure commune avec les ratons laveurs. On découvrit également que les familles de l’ours et du raton laveur se séparèrent sur l’arbre de l’évolution; il y a plus de 40 millions d’années, tandis que les pandas géants se différencièrent des ours il y a seulement 22 à 25 millions d’années.

Aujourd'hui, il est confirmé et admis que le panda appartient à la famille des ours. Cette position rejoint la majorité des études sur le sujet. En effet, Olaf R. P. Bininda-Emonds a publié en 2004 dans l'ouvrage "Giant pandas : Biology and Conservation" une étude bibliographique qui montre que deux tiers des 90 études qui ont pour sujet la classification d'Ailuropoda placent le panda géant avec les ours.

 

Pour en savoir plus :

        > Fiche d'identité du panda : Le panda forme une famille à part. Sa classification complète, depuis le règne jusqu'aux sous-espèces, est précisée dans la fiche d'identité

        > Le panda roux, un cousin du panda

 

 

Cet arbre phylogénétique montre que le panda s'est séparé des autres ours il y a environ 22 millions d'années.
Les ours se sont quant à eux séparés des ratons laveurs il y a plus de 40 millions d'années.