Participez aux coûts d'hébergement et de maintenance du site :   Même un petit don est important, merci - Jérôme

Actualités > 2016

 

Le panda roux : un carnivore végétarien !

Publié le : 25 avril 2016  |  Auteur : L'équipe de l'Association Connaître et Protéger le Panda Roux (CPPR)

 

Le saviez-vous ? Le terme « panda » est dérivé d’un mot népalais qui signifie « mangeur de bambou ». Le panda roux, observé pour la première fois en 1821 par un occidental, fut ainsi nommé car cette plante herbacée constitue la plus grande partie de son régime alimentaire !

Ce petit mammifère asiatique fut longtemps une énigme pour les scientifiques. Et les différents noms qu’on lui donne peuvent effectivement prêter à confusion : petit panda, panda éclatant, en référence à son nom scientifique Ailurus fulgens (qui vient du grec Ailuros qui signifie « balance-queue » et désigne un chat, et du latin fulgens qui veut dire éclatant), ou encore renard de feu (firefox en anglais), qui est la traduction du terme chinois. Les anglais le surnomment également « bear cat », littéralement « ours-chat ».

 

Portrait d'un méconnu du grand public : le panda roux
Parc de Clères - Décembre 2015 - © Anne-Gwenael PERIO

 

Le panda roux fut initialement classé dans la famille des Procyonidae, du fait de sa ressemblance morphologique avec les ratons-laveurs. Puis il passa dans la famille des Ursidae, comme son lointain cousin le panda géant. Mais des études scientifiques ont mis en évidence sa particularité et une famille lui fut alors dédiée, celle des Ailuridae. Procyonidae, Ursidae et Ailuridae appartiennent toutes à l’ordre des Carnivora. Le panda roux est donc bien un carnivore !

Ce petit mammifère ne ressemble en rien à l’ours noir et blanc qui porte le même nom. En effet, il mesure de 50 à 60 cm de long, sans la queue (qui fait elle-même 30 à 50 cm), et moins de 30 cm au garrot. Il a le pelage brun roux sur le dos, noir sur le ventre et les pattes, et a l’intérieur des oreilles, les joues, le museau et les sourcils blancs. Sa queue, annelée rousse et beige, lui sert de balancier quand il escalade. C’est un remarquable grimpeur capable de descendre d’un arbre la tête la première, grâce à ses puissantes griffes semi-rétractiles et ses pattes arrières, qui ont la faculté de pouvoir pivoter sur près de 90°. Il a la particularité d’avoir des poils jusque sous les pattes, qui lui permettent de bien supporter les climats hivernaux. Malgré sa fourrure épaisse, le panda roux ne pèse pas bien lourd, entre 3 et 6 kg. Ses sens les plus développés sont la vue et l’odorat. Enfin, tout comme son cousin le panda géant, le petit panda possède un sixième doigt aux pattes avant. Il ne s’agit pas d’un pouce opposable comme chez les primates, mais d’un os du poignet modifié qui agit comme un faux pouce et permet aux pandas de saisir les branches de bambou plus facilement. Il vit en moyenne 14 ans (8 à 10 ans dans la nature, jusqu'à 18 ans en captivité).

 

Un agile grimpeur qui n'est pas effrayé de descendre tête la première !
Zoo de Beauval - Novembre 2011 - © Anne-Gwenael PERIO

 

Le terme panda est une anglicisation du mot « poonya » qui signifie « mangeur de bambou ». En effet, le régime alimentaire des pandas roux se compose à 95% de bambou ! Là encore, il diffère du panda géant en ce sens que lui ne mange que les feuilles, la mâchoire puissante de l’ours lui permettant quant à lui de broyer jusqu’à la tige. Les 5% restants de son régime alimentaire sont des fruits, baies, racines, écorces, champignons, lichen, insectes et autres petits animaux, qu'il trouve en période estivale.

La spécialisation alimentaire du panda roux a un gros impact sur sa vie quotidienne. En effet, le bambou est très riche en fibres non digestibles par notre petit carnivore, qui n'a ni les dents, ni le système digestif adapté. De ce fait, il n'extrait qu'un quart des nutriments dont il a besoin à partir du bambou. Et le bambou étant sa seule ressource alimentaire l'hiver, le petit panda peut perdre jusqu'à 15% de son poids pendant cette période. De ce fait, il a adapté son comportement pour pallier à ses besoins énergétiques. Par exemple, le panda roux peut passer jusqu'à 13 heures par jour à grignoter des jeunes pousses et feuilles de bambou. Il a également un métabolisme très bas, qu'il peut ralentir quand les températures chutent. Enfin, son épaisse fourrure lui permet de bien conserver sa chaleur corporelle, d'autant plus qu'il n'est pas très grand, et lorsqu'il dort, il se love généralement, ramenant sa queue touffue sur sa truffe.

 

Lorsqu'il dort, le panda roux enroule sa queue près de sa tête
Zoo de Beauval - Avril 2012 - © Anne-Gwenael PERIO

 

Les pandas roux sont solitaires et plutôt nocturnes. Les domaines vitaux des mâles et des femelles se chevauchent, mais ils se voient rarement. En effet, les pandas roux économisent leur énergie et ne couvrent qu’un quart de leur domaine vital par mois. Ils ont des « latrines communes » qui jalonnent leurs frontières, leur permettant ainsi de partager différentes informations, comme le fait que les femelles soient ou non en chaleur. Ils communiquent également grâce à une variété de sons (grognements, sifflements…) et de gestes (hochements de tête, queue arquée…).

Pendant la saison de reproduction, de janvier à mars, mâle et femelle se côtoient. Puis chacun reprend ses activités de son côté. La femelle élèvera seule ses 2 petits (rarement 3 ou 4) après 135 jours de gestation en moyenne. Les petits naissent donc entre mai et juillet, et ne mesurent alors que 6 cm et pour un poids atteignant un peu plus de 100 g. Ils ont déjà une petite fourrure mais gardent les yeux fermés jusqu’à 18 jours. Ils ne sortiront de la tanière qu’au bout de 3 mois, et seront sevrés à 5 mois. Ils resteront avec leur mère environ un an, en tout, le temps d’atteindre leur taille adulte, et seront matures sexuellement vers 18-20 mois.

 

Un bébé panda roux âgé de quelques jours - © Amy HEFFERMAN

 

Deux petits pandas roux âgés de 3 semaines
Ménagerie du Jardin des plantes à Paris - Juillet 2008 - © Betty KNOPF

 

Les pandas roux vivent dans les forêts tempérées de sapins, feuillus et autres rhododendrons des contreforts de l’Himalaya (entre 1 000 et 4 800 m d’altitude), de l’Inde au sud de la Chine, en passant par le Népal, le Bhutan et le nord du Myanmar. Ils affectionnent notamment les sous-bois de bambou, qui leur fournissent l’essentiel de leur alimentation. Ces sous-bois ne forment cependant que des bandes étroites tout au long de leur aire de répartition, ce qui limite grandement leur territoire.

La taille exacte de la population actuelle de pandas roux dans la nature est inconnue, mais on estime qu'il reste moins de 10 000 individus et que cette population décroisse. L'espèce est d'ailleurs classée « En Danger » dans la liste rouge de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), et en annexe 1 de la CITES (Convention internationale sur le commerce des espèces en voie de disparition), ce qui veut dire que son commerce est strictement interdit. Cette diminution de la population est due principalement à la réduction de son habitat, pour l'exploitation forestière par exemple, mais également au braconnage, et à la consanguinité, car du fait de la fragmentation de leur habitat, les populations de pandas roux se trouvent isolées les unes des autres.

Plusieurs pays ont établi des zones protégées, comme la Chine, dont les sanctuaires à pandas géants profitent à de nombreuses autres espèces, comme le petit panda, mais les mesures de protections restent encore à développer. Beaucoup de népalais comptent sur l'habitat du panda roux pour survivre car ils n'ont pour le moment pas d'autres alternatives économiques viables. Des associations comme le « Red Panda Network » travaillent sur place avec les autorités locales pour essayer de créer un nouveau système dans lequel la conservation de l'habitat du panda roux bénéficierait aux communautés environnantes. En outre, les zoos du monde entier se sont mobilisés pour préserver l'espèce en participant à des programmes d'élevage, dans le but d'obtenir une population captive importante et avec une grande diversité génétique pour un jour pouvoir les réintroduire dans leur milieu naturel.

L’Association française « Connaître et Protéger le Panda Roux » (CPPR) a été créée en 2014 par des professionnels du monde animalier qui souhaitaient s’investir davantage dans la préservation de la biodiversité. En effet, de par leur métier, ils y contribuent déjà, mais ils désiraient agir plus concrètement, participer plus activement à un programme de conservation.

Ils ont donc décidé de mettre à profit leur enthousiasme et leur passion pour protéger ce petit mammifère ô combien attachant.

L’Association poursuit deux objectifs principaux : sensibiliser un large public à la préservation de petit panda et de son environnement, et récolter des fonds pour les reverser à des organismes tels que le Red Panda Network, qui travaillent directement sur le terrain, au contact des populations locales. Pour ce faire, les bénévoles du CPPR créent des outils pédagogiques, accessibles au plus grand nombre, pour aider à faire connaître le panda roux, et multiplient les interventions dans les structures accueillant du public (parcs zoologiques, écoles, centres de loisirs…).

Pour plus d’informations sur cette association, n’hésitez pas à aller visiter leur site :

cppr.asso-web.com

et leur page facebook : https://www.facebook.com/connaitreetprotegerlepandaroux/

 

Le logo de l'association Connaître et Protéger le Panda Roux,
une initiative française pour promouvoir la conservation du panda roux
au travers de la sensibilisation et de l'appui in situ

 

 

Panda roux au « Ocean Park » d'Hong Kong - 24 août 2013 - © Jérôme POUILLE

 

 

Un des pandas roux de la base de recherches de Chengdu sur l'élevage du panda géant, en Chine
2 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
 

 

Pour en savoir plus :

        > Le panda roux, l'autre panda

        > Photos de pandas roux

        > Site web de l'association Connaître et Protéger le Panda Roux