# A la une :    #Calendrier2019    #YuanMeng       #Naissances2018    #BoutiqueKdo    #PairiDaiza

Actualités > 2018

 

Bilan des naissances de l'année 2018

Publié le : 12 novembre 2018  |  Auteur : Jérôme POUILLE  |  Source : CRBGPB, CRBGPB, CRBGPB, iPanda

 

Du 7 au 11 novembre s'est tenue à Chengdu, en Chine, la conférence annuelle 2018 du Comité chinois chargé d'évaluer les techniques d'élevage du panda géant (Chinese Committee of Breeding Techniques for Giant Pandas) couplée cette année avec une conférence internationale sur la conservation et l'élevage du panda géant (International Conference for the Giant Panda Conservation and Breeding).

Le comité se réunit chaque année pour faire le bilan sur les naissances de l'été écoulé et plus largement, il est aussi l'occasion d'échanger sur les progrès et la recherche scientifiques, la médecine vétérinaire, le programme de réintroduction et la conservation du panda géant, in situ et ex situ. Il compte de nombreux participants : pays, agences gouvernementales, ministères chinois, organisations de protection de la nature, universités, experts, délégations de zoos étrangers...

 

Ce meeting est également l'occasion de discuter du statut génétique de la population captive de pandas géants et d'effectuer des recommandations pour la saison des amours suivante, celle de 2019 en l'occurrence. Les experts vont lister les appariements préférentiels pour la reproduction : pour chaque femelle mature sont listés les mâles potentiels les plus appropriés pour la reproduction, génétiquement parlant afin de maintenir le plus possible de diversité génétique au sein de la population captive et donc d'éviter la consanguinité, y compris sur le long terme. Ces recommandations de gestion pour la reproduction sont développées grâce à l'expertise des Dr Kathy Traylor-Holzer et Dr Jonathan D. Ballou, membres du Groupe de spécialistes de la reproduction pour la conservation (Conservation Breeding Specialist Group CBSG), un groupe rattaché à l'Union internationale pour la conservation de la nature (International Union for Conservation of Nature IUCN).

Cette année, la portée de l'événement s'est voulu indiscutablement importante, notamment dans le contexte du projet d'établissement d'un parc national immense pour protéger les pandas sauvages et leur habitat.

Organisé notamment par le ministère chinois des forêts et des prairies (State Forestry and Grassland Administration), anciennement le ministère chinois des forêts (State Forestry Administration), la séance plénière du comité et de la conférence a été ouverte le jeudi 8 novembre par Li Chunliang (李春良), directeur adjoint du ministère, Yang Xingping (杨兴平), gouverneur adjoint de la province du Sichuan, Xue Jianxing (薛建兴), directeur du département des forêts de la province du Shaanxi, et Yang Longjun (杨陇军), secrétaire général adjoint du gouvernement de la province du Gansu.

390 personnes (194 chinois et 96 étrangers) ont répondu à l'invitation. Parmi elles, des représentants d'associations (dont le WWF et le PNUD), des Ministères chinois en charge de la protection du panda, des universitaires chinois et étrangers, des représentants de réserves naturelles et des représentants de zoos chinois et étrangers qui hébergent - ou souhaitent héberger - des pandas.

Citons notamment quelques représentants chinois :

  - M. Zhang Zhihe (张志和), directeur de la base de recherches de Chengdu sur l'élevage du panda géant (Chengdu Research Base of Giant Panda Breeding), et président du Comité chinois chargé d'évaluer les techniques d'élevage du panda géant,

  - M. Tang Xiaoping (唐小平), directeur adjoint du département de gestion des réserves naturelles du ministère chinois des forêts et des prairies (Department of Nature Reserve Management of the State Forestry and Grassland Administration),

  - M. Zhang Zhizhong (张志忠), directeur du département de protection des espèces sauvages du ministère chinois des forêts et des prairies (Department of Wild Fauna and Flora Conservation of the State Forestry and Grassland Administration),

  - M. Wei Fuwen (魏辅文), de l'institut de zoologie à l'académie chinoise des sciences, et célèbre scientifique qui étudie le panda,

  - Mme Xie Zhong (谢钟), vice-présidente de l'Association chinoise des espaces zoologiques (CAZG, Chinese Asssociation of Zoological Gardens),

  - M. Li Qingwen (李青文), vice-président et secrétaire général de l'Association chinoise pour la conservation de la vie sauvage (China Wildlife Conservation Association - CWCA).

 

Ouverture de la conférence 2018 sur la conservation et l'élevage du panda géant, à Chengdu - © CRBGPB & iPanda

 

Discours de Zhang Zhihe, directeur de la base de Chengdu - © CRBGPB

 

Le Comité a annoncé que la population captive de pandas s'élevait désormais à 548 individus, contre 520 l'an dernier, soit une augmentation de 5,39%.

En 2018, il y a eu 48 naissances en captivité (à confirmer) dont 45 petits ont survécu (chiffre confirmé), soit un taux de survie de 93,75% (dans l'hypothèse où 48 petits sont nés). 36 mères pandas ont donné naissance. Seuls deux zoos hors de Chine ont vu naître des petits en 2018, il s'agit du zoo de Negara à Kuala Lumpur (Malaisie) où Feng Yi a donné naissance à une femelle et du parc Adventure World de Shirahama au Japon où Rau Hin a donné naissance à des jumeaux dont seule l'aînée, une femelle, a survécu.

En Chine, la base de recherches de Chengdu sur l'élevage du panda géant (Chengdu Research Base of Giant Panda Breeding) a enregistré 12 naissances et tous les petits ont survécu. A noter que deux de ces petits, ceux de la femelle Meng Meng nés le 23 mai dernier, appartiennent au zoo de Beijing.

Toujours en Chine, le centre chinois de recherches et de conservation du panda géant (China Conservation and Research Centre for the Giant Panda) a peu communiqué cet été sur les naissances dans ses différents centres. Finalement, le centre a annoncé que 31 petits ont survécu cette année dont 1 appartenant au zoo de Beijing. Parmi ces 31 petits, 2 sont nés au safari parc de Chimelong à Guangzhou (le petit de Long Long le 12 juillet, et le petit de Ting Ting né le 29 juillet).

Aucun détail n'a été communiqué sur les petits n'ayant pas survécu, ni sur les éventuels autres centres qui auraient enregistré des naissances de petits qui n'auraient pas survécu.

Ces naissances se répartiraient comme suit entre les différentes institutions (répartition selon les lieux de naissance et non selon la propriété des petits) :

 

Institution Base Nombre de portées Nombre de bébés Nombre de survivants
CCRCGP Base d'Hetaoping ? ? ?
Base de Ya'an Bifengxia ? ? ?
Base de Gengda Shenshuping ? ? ?
Sous-total ? ? 29
CRBGPB Base de Chengdu 8 12 12
Safari parc de Chimelong à Guangzhou 2 ? 2
Autres institutions en Chine agréées pour l'élevage en captivité (exemples : SWARC, zoo de Chongqing, Shanghai wild animal park) ? ? 0
Hors de Chine 2 3 2
TOTAL 36 48 (?) 45

 

CRBGPB : base de recherches de Chengdu sur l'élevage du panda géant (Chengdu Research Base of Giant Panda Breeding) (lire l'article sur cette institution)

CCRCGP : centre chinois de recherches et de conservation du panda géant (China Conservation and Research Centre for the Giant Panda) (lire l'article sur cette institution)

SWARC : centre de sauvetage et de recherche sur les animaux sauvages du Shaanxi (Shaanxi Wild Animal Rescue and Research Center) (lire l'article sur cette institution)

 

Lors de l'Atelier sur le plan de gestion de la population captive de pandas géants (Captive Management Planning Workshop), qui s'était tenu en décembre 1996, les spécialistes avaient défini le but à long terme du maintien en captivité de pandas géants : Développer en Chine une population captive auto-entretenue de pandas géants qui aidera à soutenir sur le long terme une population viable dans le milieu sauvage. Il était communément admis qu'une population captive de 300 pandas permettrait d'obtenir une population auto-entretenue démographiquement et génétiquement diversifiée (retenant au moins 90% de diversité génétique de la population fondatrice) pour les 100 ans à venir, sans nécessité de prélèvement supplémentaire dans le milieu naturel. Ce chiffre est atteint depuis 2010 ; d'où l'intérêt dorénavant de mettre l'accent sur la qualité des naissances surtout dans une optique de réintroduction dans le milieu naturel d'animaux nés en captivité.

En 2009, cet objectif de 300 pandas captifs a été revu à la hausse par le Comité notamment pour prendre en compte une vision à plus long terme de rétention de cette diversité génétique. Pour maintenir cette même diversité génétique de 90% sur une période de 200 ans, et non plus de 100 ans, entre 400 et 600 individus sont nécessaires en captivité. C'est aujourd'hui l'objectif poursuivi en Chine mais il doit l'être en privilégiant 3 aspects qualitatifs : la gestion génétique, la reproduction naturelle, et les comportements parentaux. Plutôt que de mettre l'accent uniquement sur la quantité de naissance, il est préférable d'avoir des naissances de petits « bons » génétiquement parlant.

Pour cela, il est nécessaire au préalable de connaître la qualité génétique de chaque individu, afin de décider si ce dernier peut ou non participer à la reproduction. En effet, un individu qui serait sur-représenté dans la population captive (= qui aurait beaucoup de descendants) doit être écarté car il participe à un affaiblissement de la diversité génétique de la population captive. Connaître la qualité génétique de chaque individu (son taux de consanguinité, son taux de parenté moyen,...) permet de sélectionner les meilleurs individus et les meilleurs appariements pour la reproduction, que ce soit pour un accouplement naturel ou pour une insémination artificielle. Par exemple, un animal né dans le milieu naturel et incorporé dans la population captive à un moment donné qui n'aurait pas encore de descendant dans cette population captive doit être considéré comme prioritaire pour la saison de reproduction car ses gènes sauvages seraient ainsi intégrés à la population captive s'il venait à avoir un descendant. Cette population captive serait ainsi plus diversifiée génétiquement parlant et elle retiendrait ainsi plus de diversité génétique en se rapprochant de la diversité génétique des populations sauvages.

Bien entendu, les aspects génétiques ne sont pas les seuls aspects de la qualité des individus. L'aspect comportemental est également primordial, notamment avoir des individus capables de se reproduire naturellement, des femelles d'être des mères compétentes...

Zhang Zhizhong (张志忠), directeur du département de protection des espèces sauvages du ministère chinois des forêts et des prairies (Department of Wild Fauna and Flora Conservation of the State Forestry and Grassland Administration), a rappelé les efforts en matière de conservation et d'élevage des pandas géants. Il a également détaillé les axes de travail pour le futur. Le premier concerne le renforcement de la protection de l'habitat naturel des pandas sauvages, en développant notamment des projets écologiques de restauration de l'habitat et en luttant contre la fragmentation de l'habitat et l'isolement génétique des populations. Le second est l'établissement d'un parc national pour la protection de l'habitat des pandas sauvages (voir ci-après). Le troisième est de poursuivre les travaux sur la réintroduction en encourageant notamment le développement des différentes expérimentations et différentes formes de réintroduction, la recherche des meilleurs secteurs où peuvent être lâchés des pandas et ce afin de déterminer un protocole pour la réintroduction dans le futur. Le quatrième est la poursuite de la recherche scientifique qui doit passer par des partenariats et coopérations multiples. Le cinquième consiste à promouvoir les échanges génétiques entre les différentes populations captives. Le sixième pilier est l'éducation à la conservation, la sensibilisation du public. Enfin, le septième axe est la promotion de la culture autour du thème du panda géant et l'incitation au développement d'une civilisation écologique.

Enfin, Tang Xiaoping (唐小平), directeur adjoint du département de gestion des réserves naturelles du ministère chinois des forêts et des prairies (Department of Nature Reserve Management of the State Forestry and Grassland Administration), a esquissé les grandes lignes du futur parc national pour la protection des pandas géants et de leur habitat. Ce projet pilote, en construction depuis plusieurs années, vise à regrouper au sein d'une même entité administrative, appelée parc national, les actuelles réserves naturelles dédiées à la protection du panda, ainsi que d'autres habitats aujourd'hui non protégés. L'objectif poursuivi est la protection d'un territoire plus large, inter-provinces, et avec un plan de gestion global et homogène alors que les réserves naturelles actuelles sont chacune dotées de leur propre plan de gestion et se trouvent sous l'autorité d'entités administratives différentes selon leur statut et leur localisation géographique. Le chantier est immense car il implique 3 provinces différentes (les 3 provinces du Sichuan, du Gansu et du Shaanxi où vivent les derniers pandas sauvages) et donc 3 gouvernements différents. Le futur parc national devrait couvrir une surface de 27 134 km² (rappelons que selon les données du quatrième recensement national des pandas géants et de leur habitat, mené entre 2011 et 2014, l'habitat confirmé du panda géant a été évalué à 25 766 km², auxquels s'ajoutent environ 9 100 km² d'habitat potentiel) et englober les habitats majeurs pour le panda, des corridors permettant la connexion d'habitats fragmentés, et des habitats potentiels pour le panda. Environ 74% du futur parc national (soit 20 177 km²) se trouvera dans la province du Sichuan, 16% (soit 4 386 km²) dans celle du Shaanxi et 10% (soit 2 571 km²) dans celle du Gansu.

 

A lire :

        Bilan des naissances de l'année 2017 (18 décembre 2017)

        Bilan des naissances de l'année 2015 (13 décembre 2015)

        > Bilan des naissances de l'année 2014 (18 février 2015)

        > 18 novembre 2013 : Bilan des naissances de l'année 2013

        > 28 novembre 2012 : Bilan des naissances de l'année 2012

        > 17 novembre 2011 : Bilan des naissances de l'année 2011

        > 23 avril 2011 : Bilan des naissances de l'année 2010

        3 janvier 2010 : Une explication au faible nombre de naissances à la base de Chengdu en 2009

        12 novembre 2009 : Bilan des naissances de l'année 2009

        > 5 Novembre 2007 : Bilan des naissances 2007

        > 1er Janvier 2007 : Erratum : 34 naissances en captivité en 2006 dont 30 survivants

 

Pour en savoir plus :

        Tableau des naissances de l'année 2018

        Tableau des naissances de l'année 2017

        Tableau des naissances de l'année 2016

        > Tableau des naissances de l'année 2015

        > Tableau des naissances de l'année 2014

        > Tableau des naissances de l'année 2013

        > Tableau des naissances de l'année 2012

        > Tableau des naissances de l'année 2011

        > Tableau des naissances de l'année 2010

        > Tableau des naissances de l'année 2009

        > Tableau des naissances de l'année 2008

        > L'élevage en captivité, une méthode de conservation

        > La reproduction des pandas et la croissance du jeune

        > La réintroduction, le but ultime des programmes d'élevage en captivité

        > Les centres de recherche et d'élevage du panda géant, en Chine

        > Où voir des pandas hors de Chine : la liste actualisée des zoos qui hébergent des pandas hors de Chine