Visites de zoos et comptes-rendus
Visites de zoos et compte-rendus

Le zoo d'Ueno, qui occupe 14,3 hectares dans le parc d'Ueno au cœur de la ville de Tokyo, capitale du Japon, a été créé le 20 mars 1882 et est le plus ancien zoo du Japon. Depuis son ouverture, il s'est sans cesse développé et constitue une référence en terme de zoos au Japon, notamment en jouant un rôle majeur dans l'éducation à la conservation.
Quelques 2 700 animaux appartenant à environ 460 espèces sont exposés dans ce zoo, dont une centaine d'espèces de mammifères et environ 150 espèces d'oiseaux.
Messieurs Hidetoshi Kurotori, membre de la Société zoologique de Tokyo (Tokyo Zoological Society) et Yutaka Fukuda, directeur adjoint du zoo, nous ont accueilli le samedi 27 juillet 2013 et présenté leur zoo. Je les remercie pour leur temps et leur passion pour les animaux qu'ils nous ont fait partagé avec grand professionnalisme.

Entrée principale du zoo d'Ueno, à Tokyo - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Le totem des animaux, à l'entrée du zoo - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Aucun doute, le zoo d'Ueno est le lieu de Tokyo pour voir les pandas - Près de l'entrée principale - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Plan du zoo d'Ueno / Tokyo, le secteur des pandas géants (cercle rouge) est situé à proximité de la porte principale
© Zoo d'Ueno modifié par Jérôme POUILLE
Le Japon est le premier pays au monde à avoir bénéficié de la "diplomatie du panda". Selon des archives de la Famille Royale Japonaise, Wu Zetian, impératrice de 690 à 705 après Jésus Christ de la Dynastie Tang aurait offert deux pandas vivants et 70 peaux à l’Empereur Japonais comme marques d'amitié.
Plusieurs siècles ont passé et c'est au tour du zoo de Ueno / Tokyo de coopérer avec la Chine pour héberger des pandas. Le Japon a en effet été l'un des premiers pays à bénéficier, dans les années 1970, de la diplomatie du panda, aux côtés de la Russie, de la Corée du Nord et des Etats-Unis.
En septembre 1972, Tanaka Kakuei, le Premier Ministre japonais de l'époque, visitait la Chine et signait un accord pour l'établissement de relations diplomatiques avec la Chine, signifiant ainsi la normalisation des relations entre les deux pays. Après la cérémonie de signature de l'accord, Zhou Enlai, Premier Ministre chinois de l'époque, présentait deux pandas au Japon au nom du peuple chinois.

Poignée de main historique entre Tanaka Kakuei, Premier Ministre japonais de l'époque, et son homologue chinois Zhou Enlai
Ainsi, les premiers pandas sont arrivés à Tokyo le 28 septembre 1972. Il s'agissait d'un couple.
Voyage de Kang Kang et Lan Lan vers le Japon, et arrivée à l'aéroport international Haneda de Tokyo

Arrivée de Kang Kang (à gauche) et Lan Lan (à droite) au Japon, le 28 septembre 1972 - © Zoo d'Ueno

Dans les rues d'Ueno, les habitants se pressent pour souhaiter la bienvenue
aux deux pandas, avec ces banderoles notamment
La femelle Lan Lan avait été capturée dans le milieu naturel un an auparavant, soit en septembre 1971, dans le comté de Baoxing (province du Sichuan), et sa date de naissance était estimée à 1969.
Lan Lan va vivre au zoo de Tokyo jusqu'au 4 septembre 1979, date de son décès, âgée d'une dizaine d'années seulement. Fait particulier, Lan Lan était enceinte lorsqu'elle est morte, après s'être accouplée le printemps précédent avec son partenaire Kang Kang. Le Premier Ministre japonais de l'époque, Ohira Masayoshi, avait fait part de sa peine en annonçant la triste nouvelle à son peuple.

Lan Lan - © Zoo d'Ueno
Kang Kang, le mâle, avait également été capturé dans le comté de Baoxing, en février 1972, il était alors âgé d'à peine un an.
Kang Kang est mort le 30 juin 1980 au zoo de Tokyo, âgé d'environ 9 ans.

Kang Kang - © Zoo d'Ueno
Les japonais ont pu voir Lan Lan et Kang Kang pour la première fois le 5 novembre 1972. Dès 7:30 du matin, des milliers de personnes attendaient l'ouverture du zoo, et quelques 60 000 personnes ont afflué de tout le Japon pour voir les deux pandas le premier jour. Pendant les sept premiers années, quelques 32 millions de visiteurs sont venus voir les deux pandas.

Vue d'hélicoptère de la file d'attente, qui atteignait 1 kilomètre, le 5 novembre 1972,
des visiteurs amassés pour observer pour la première fois Kang Kang et Lan Lan - © Mainichi

Le premier jour d'exposition de Kang Kang et Lan Lan, seuls 18 000 des 55 000 visiteurs venus
spécialement à Ueno ont eu accès aux deux pandas

Kang Kang
Le 29 janvier 1980, une autre femelle a été envoyée par la Chine au Japon, pour remplacer Lan Lan morte quelques mois auparavant. Il s'agissait de Huan Huan, capturée dans le comté de Baoxing le 5 février 1975, alors âgée d'un an et demi.

Arrivée de Huan Huan, le 29 janvier 1980 - © Zoo d'Ueno

Huan Huan - © Zoo d'Ueno
Huan Huan va avoir trois petits au Japon :
- Chu Chu, un mâle né le 27 juin 1985 mais qui va mourir deux jours plus tard, le 29 juin,
- Tong Tong, une femelle née le 1er juin 1986 et qui va mourir à Tokyo à l'âge de 14 ans, le 8 juillet 2000, sans descendance.
- You You, un mâle né le 23 juin 1988 et qui va être envoyé en Chine, à Beijing, à l'âge de 4 ans, le 13 novembre 1992. Il va mourir à Beijing le 4 mars 2004 sans descendance. Le 24 décembre 1988, le zoo d'Ueno avait organisé une cérémonie pour annoncer le nom du jeune panda. La femme du Premier Ministre de l'époque, Tokyo Magistrate Suzuki, et l'ambassadeur de Chine au Japon de l'époque, Yang Zhenya, avait assisté à la cérémonie.

Tong Tong et sa mère Huan Huan - © Zoo d'Ueno

Tong Tong et sa mère Huan Huan, le 12 décembre 1986 - © ANP

You You - © Zoo d'Ueno
Le père des trois petits de Huan Huan était Fei Fei, un mâle arrivé à Tokyo le 9 octobre 1982 pour remplacer Kang Kang décédé deux ans plus tôt et laissant le zoo de Tokyo sans mâle. Fei Fei avait été capturé dans le milieu naturel en octobre 1976 et son âge à sa capture avait été estimé à 9 ans. Fei Fei va mourir à Tokyo le 14 décembre 1994, âgé d'environ 27 ans.

Fei Fei - © Zoo d'Ueno
Huan Huan est morte au zoo de Tokyo le 21 septembre 1997, âgée d'environ 24 ans.
Le 5 novembre 1992, le zoo de Tokyo reçoit Ling Ling, un mâle connu aussi sous le nom de Rin Rin au Japon. Né au zoo de Beijing le 5 septembre 1985, ce mâle a passé quelques mois à New York, d'avril à novembre 1987, et à Tampa (Floride, USA) de novembre 1987 à octobre 1988. Pour célébrer le 20ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Japon, fait unique, les deux pays se sont échangés un panda : tandis que You You, né au Japon, est envoyé à Beijing, Ling Ling est envoyé de Chine au Japon. Après son arrivée au Japon, Ling Ling s'est rendu trois fois au Mexique pour des tentatives d'accouplements qui se sont révélées infructueuses.

Ling Ling - © Zoo d'Ueno
Ling Ling va mourir au zoo de Tokyo le 30 avril 2008 d'un arrêt cardiaque (lire l'article), laissant le zoo de Tokyo sans panda pour la première fois depuis 1972.
Dans le cadre de sa coopération avec le zoo de Chapultepec, à Mexico (Mexique), le zoo de Tokyo va recevoir le 3 décembre 2003 une femelle, Shuan Shuan, qui est retournée chez elle au bout de presque deux ans, le 26 septembre 2005, après avoir échoué à laisser une descendance au Japon (lire l'article). Elle avait été inséminée à plusieurs reprises avec du sperme de Ling Ling, mais sans succès de naissance.
Shuan Shuan, née le 15 juin 1987, est toujours en vie au zoo de Mexico.
Peu après le décès de Ling Ling, qui avait ému le peuple japonais, le zoo annonçait qu'il était en contact avec le ministère nippon des Affaires étrangères pour obtenir un autre panda de la Chine. Après plusieurs mois de négociations, Shintaro Ishihara, gouverneur de Tokyo, a annoncé le vendredi 12 février 2010 que deux pandas devraient arriver dans la capitale japonaise en 2011 pour un coût annuel de 950 000 dollars (lire l'article). L'association chinoise de conservation de la vie sauvage (China Wildlife Conservation Association CWCA) et le gouvernement de Tokyo ont signé un accord pour la venue de ces deux pandas le lundi 28 juillet 2010 (lire l'article). Cet accord fait suite à un accord de principe signé en 2008 par le président chinois Hu Jintao et le premier ministre japonais Yasuo Fukuda durant la visite officielle au Japon d'Hu Jintao.
Les deux pandas choisis, Bi Li et Xian Nu sont arrivés au Japon le 21 février 2011 (lire l'article).

Un avion aux couleurs du panda a été spécialement affrété pour Xian Nu et Bi Li - © Zoo d'Ueno
Le mâle Bi Li est né le 16 août 2005 au centre de Wolong (Chine), centre détruit par le séisme meurtrier de mai 2008. Sa mère est Gong Zhu et son père Ling Ling. Il avait été transféré le 2 avril 2008 au Guangzhou Panyu Xiangjiang Safari Park où il a séjourné un peu plus de 2 ans avant de rentrer à la base de Yaan Bifengxia le 20 juillet 2010.
La femelle Xian Nu est née le 3 juillet 2005, également au centre de Wolong. Suite au séisme, elle avait été transférée le 26 juin 2008 au Guangzhou Panyu Xiangjiang Safari Park avant de rentrer elle aussi à la base de Yaan Bifengxia le 20 juillet 2010. Sa mère est Ying Ying et son père Lin Lin.
Ces deux pandas ont été renommés à leur arrivée au Japon. Bi Li a été rebaptisé Li Li (prononcé Ri Ri en japonais), Xian Nu rebaptisée Xin Xin (prononcé Shin Shin en japonais).
L'année qui a suivi leur arrivée, Bi Li et Xian Nu se sont accouplés naturellement les 25 et 26 mars 2012 et Xian Nu a donné naissance à un petit le 5 juillet 2012 (lire l'article). Malheureusement, le petit est décédé six jours plus tard d'une pneumonie (lire l'article).








La femelle Xian Nu, connue au Japon sous le nom de Shin Shin, dans son enclos intérieur - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE





Le mâle Bi Li, connu au Japon sous le nom de Ri Ri, dans son enclos intérieur - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
L'espace des pandas se situe historiquement juste à droite après l'entrée principale. Les visiteurs rentrent dans une surface couverte où ils vont d'abord pouvoir en apprendre plus sur le panda géant, ses mœurs, sa vie en captivité, son habitat, les autres espèces qui cohabitent avec lui, les menaces qui pèsent sur lui et son habitat. L'éducation à la conservation est le leitmotiv du zoo qui multiplie les panneaux d'informations pour sensibiliser et informer le public. Des volontaires nombreux dans le zoo sont toujours là pour répondre aux questions des plus passionnés.

Cette mosaïque qui marque l'entrée du secteur des pandas est le symbole de la coopération du zoo de Tokyo avec la Chine depuis 1972
27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Entrée dans le secteur des pandas - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Panneaux d'explications sur l'espèce, immédiatement après l'entrée dans le secteur des pandas - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Après l'espace informatif, les visiteurs se dirigent vers deux allées où ils peuvent observer les deux pandas lorsqu'ils sont dans leurs enclos intérieurs, ce qui était le cas le jour de ma visite à cause des températures élevées.

Les visiteurs observent les pandas dans leurs enclos intérieurs depuis deux allées - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Enfin, les visiteurs ressortent du bâtiment et se dirigent vers les enclos extérieurs qui sont dans le prolongement.
L'espace des pandas se compose de cinq enclos intérieurs, dont deux servent d'enclos principaux pour Bi Li et Xian Nu, et de cinq enclos extérieurs, dont deux servent d'enclos principaux.

Schéma des enclos des pandas - Extrait de "Ueno zoo panda book" - © Zoo d'Ueno

Enclos intérieur de la femelle Xian Nu - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Enclos intérieur du mâle Bi Li - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Enclos extérieur de Xian Nu - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Enclos extérieur de Bi Li - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Un espace réfrigéré sert pour le stockage du bambou qui est livré deux fois par semaine en provenance de la péninsule japonaise d'Izu. Quatre espèces de bambous sont fréquemment utilisées et les pandas sont nourris six fois par jour. Cinq soigneurs japonais se relaient pour prendre soin des pandas.


L'espace réfrigéré et humidifié qui sert pour le stockage du bambou afin qu'il conserve ses qualités nutritives entre deux livraisons
27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Comme mentionné en introduction, le zoo abrite de nombreuses espèces. En voici quelques autres en plus du panda géant.
La sous-espèce de perdrix des neiges Lagopus mutus hyperboreus habite seulement l'archipel norvégien de Svalbard et l'archipel François-Joseph.

Lagopus mutus hyperboreus - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Cacatua galerita triton est une sous-espèce de cacatoès à huppe jaune qui vit uniquement en Nouvelle-Guinée et dans les îles alentour.

Cacatua galerita triton - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Le coq de roche péruvien (Rupicola peruviana) est l'oiseau national du Pérou. Il habite les bois de la Haute Forêt du Pérou et de la forêt bolivienne, et il est distribué tout au long des bois de montagne du flanc oriental andin dès la Colombie jusqu'à la Bolivie.

Coq de roche péruvien - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
L'ours noir japonais (Ursus thibetanus japonicas) est une sous-espèce de l'ours noir d'Asie. Il vit à l'état sauvage dans les îles japonaises de Honshū et de Shikoku, mais est éteint sur l'île de Kyushu. Cet ours est fréquemment tué au Japon pour la médecine traditionnelle mais aussi pour des motifs de difficultés de cohabitation avec l'homme.

L'ours noir japonais - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
L'ours brun d'Hokkaido (Ursus arctos yesoensis ou Ursus arctos lasiotus) est une sous-espèce d'ours brun qui habite dans plusieurs territoires dont l'île japonaise d'Hokkaido.

L'ours brun d'Hokkaido - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

L'ours polaire - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Boîte aux lettres à proximité de l'entrée du zoo, dans le parc d'Ueno - 27 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Visites de zoos et compte-rendus

Poursuite des activités ce mois de juillet à la base de Chengdu, dans la continuité des activités des deux mois précédents (lire ma chronique du mois de juin - lire ma chronique du mois de mai).
Pour une description de la base de Chengdu, voir la page spéciale sur mon site dédiée aux Centres de recherche et d'élevage du panda géant en Chine.


Base de Chengdu - 2 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Activités des lundi 23 et mardi 24 juillet 2013 :
Les lundi 22 et mardi 23 juillet étaient consacrés au trafic de la vie sauvage, notamment le trafic animal.
Le trafic de la vie sauvage est le commerce illégal des végétaux et des animaux.
Chine, mais aussi États-Unis, Japon et Vietnam sont les quatre plus gros consommateurs illicites de "vie sauvage", que ce soit pour se nourrir, pour la gloire, comme animaux de compagnie, ou encore pour la médecine traditionnelle ou les croyances diverses et variées.
Par exemple, les tigres vont être chassés et tués pour alimenter le marché chinois. En Chine, les os de tigres sont censés augmenter la virilité des hommes, lutter contre les fragilités osseuses, lutter contre les fractures, lutter contre les rhumatismes... Et des vertus sont même prétendus au pénis de tigre. Sans oublier que la fourrure de l'animal va faire la fierté des riches collectionneurs qui n'ont trouvé d'autres moyens pour exposer leur puissance et leur argent.
L'Asie est majoritairement responsable du massacre des éléphants en Afrique pour alimenter le marché de l'ivoire.
En Chine, l'ours noir d'Asie ou ours du Tibet est aussi la cible de ce trafic. Ses pieds figurent au panel de la cuisine chinoise, sa bile est prétendue soigner les maladies oculaires, les maladies du foie et chasser les substances toxiques du corps. Sans oublier que sa fourrure est aussi prisée des collectionneurs.
Plus largement, et pour ne citer que quelques exemples parmi les plus démonstratifs, les requins meurent dans les océans après s'être faits couper leur aileron alimentant le marché mondial, les thons rouges de la Méditerranée sont surpêchés pour la cuisine notamment japonaise, et des centaines d'autre espèces animales sont ainsi massacrées et en voie de disparition pour alimenter nos assiettes, mais aussi nos désirs de fourrure, nos coutumes, nos lubies d'héberger un animal sauvage à la maison (les fameux "NAC" pour "nouveaux animaux de compagnie") ou tout simplement car avoir un trophée de chasse d'un animal sauvage est censée être synonyme de gloire et de puissance.
Ces trafics et commerces des animaux menacent la biodiversité, perturbent les équilibres naturels en ôtant des espèces pour toujours ou au contraire en introduisant de nouvelles espèces dites invasives ou exotiques, menacent la vie sauvage et par effet indirect l'espèce humaine.
Le trafic de la vie sauvage, animal ou végétal, est souvent annoncé comme le troisième plus gros négoce illégal au monde, derrière la drogue et les armes, même s'il est difficile à quantifier car illégal.
Quelques chiffres issues du rapport très complet de décembre 2012 publié par le WWF (version française accessible ici) font froids dans le dos :
- Chaque année, 100 millions de tonnes de poissons, 1,5 million d’oiseaux vivants et 440 000 tonnes de plantes médicinales sont victimes du commerce illégal,
- En 2011, d’importantes saisies ont permis d’intercepter de l’ivoire illégal provenant, selon les estimations, de 2 500 éléphants,
- Le commerce illégal d’espèces sauvages (sans compter le commerce du bois et de la pêche) a été estimé à 10 milliards de dollars par an. Pour la pêche illégale, environ 9 milliards, et 7 milliards pour le bois illégal.
- Le prix de la corne de rhinocéros a atteint les 60 000 dollars le kilo, soit deux fois celui de l’or ou du platine, et a aujourd’hui plus de valeur sur le marché noir que les diamants ou la cocaïne.
Aujourd'hui, il est aisément compréhensible que nous pouvons vivre exactement de la même manière sans aucun de ces produits issus du trafic illégal, la très grosse majorité de ce trafic étant pour alimenter un marché de conforts ou de croyances dépassées.
Chacun a un rôle à jouer en cessant d'acheter tous les produits dérivés de la vie sauvage, en se nourrissant de produits non issus du trafic, en cessant d'attribuer des propriétés médicinales aux produits dérivés d'animaux tués illégalement, en agissant comme un consommateur responsable.
L'objectif de ces deux journées, en plus d'en apprendre davantage sur cet horrible trafic, était de réfléchir ensemble sur un projet d'exposition pour sensibiliser les visiteurs de la base de Chengdu et du zoo de Chengdu à ce trafic et à ses conséquences pour la biodiversité et pour l'homme. L'objectif est bien que les visiteurs comprennent qu'il n'est plus admissible aujourd'hui d'être complice d'un tel trafic et donc les inviter à cesser de consommer toute vie sauvage sous quelque forme que ce soit.
C'est un projet ambitieux, qui sera relayé par un slogan, un logo, un site internet, et le zoo de Chengdu espère devenir le zoo chinois pionnier sur cette thématique et impulser des actions similaires dans d'autres zoos chinois. Pour cela, le zoo va s'appuyer sur sa centaine de volontaires annuels pour relayer ce message et inviter le maximum de personnes à visiter la future exposition et à s'engager à bannir les produits issus de ce trafic. Le potentiel est énorme puisque 3 millions de personnes visitent le zoo de Chengdu chaque année. La même exposition se tiendra simultanément à la base de Chengdu pour toucher également le million de visiteurs annuels de la base de pandas.
Je relaierai ici les actions à venir de ce groupe de travail, et détaillerai la future exposition qui devrait être prête avant le prochain nouvel an chinois.
Activités du lundi 8 au vendredi 12 juillet 2013 :
Compte-tenu d'une panne d'ordinateur, je n'ai pas été en mesure de publier quotidiennement la chronique de mes activités.
La semaine du 8 au 12 juillet a été centrée autour de 3 grandes activités :
- nettoyage des enclos (lundi 8 matin, mardi 9 matin, mercredi 10 matin). J'ai travaillé ces trois matinées dans les secteurs "Adult enclosure" principalement avec A Bao et De De mais aussi dans le secteur "Sub-adult enclosure" notamment le mardi matin. A Bao et De De vont bien, même si pour l'instant seul A Bao a accès à l'extérieur. De De est encore un peu stressé et timide mais il devrait très prochainement avoir accès à l'enclos extérieur avec A Bao. Les deux autres pandas dans le secteur "Adult enclosure" sont Qiao Qiao et Mao Mao. Dans le secteur "Sub-adult enclosure" j'ai travaillé au plus près des pandas Yong Yong, Ai Bang et Xiang Bing.
- le training avec les pandas : le lundi 8 après-midi avec les pandas Xing Bang (No.14 Panda enclosure) et He Qi (Cub enclosure) et le mardi 9 après-midi avec Shuang Xin (Cub enclosure). Généralement, le training commence avant l'âge de 2 ans et lorsqu'un panda va débuter l'apprentissage des gestes, les soigneurs vont établir un planning sur 7 jours et la plupart sont capables de retenir les gestes en une semaine. Bien entendu, seul un entraînement régulier par la suite renforcera l'apprentissage et la mémorisation des gestes. Ensuite les pandas sont entrainés à se laisser toucher la patte, patte qui servira de support pour les prises de sang. Ainsi les soigneurs vont toucher énergiquement la patte de l'animal pour que celui-ci n'ait pas de réaction disproportionnée lors de la pose de la seringue. Certains pandas vont être rasés sur quelques centimètres carrés sur leur patte pour faciliter la pose de la seringue, d'autres non, tout dépend de la profondeur de leurs veines. Là aussi, le rasage nécessite précaution et entraînement. La plupart des pandas ne sont entrainés à poser qu'une seule des pattes sur la glissière métallique mais quelques rares pandas sont capables d'effectuer ce geste avec leurs deux pattes avant. Enfin, les pandas sauvages capturés dans le milieu naturel sont également capables d'apprendre des gestes simples, quelque soit leur âge.
- la Fondation et les activités annexes en lien avec la Fondation (mardi 9 après-midi et jeudi 11 après-midi). Ce point mérite d'être détaillé, voir ci-après.
A noter que le mercredi 10 juillet après-midi était consacré à une réunion avec l'équipe en charge du programme Chengdu Pambassador.
Enfin, le vendredi 12 juillet matin nous avons pu observer le petit de Eryatou, alors âgé d'un jour et demi. J'ai consacré une actualité complète à cette naissance avec quelques photos prises ce vendredi 12 (lire l'article). Enfin, l'après-midi du vendredi était dédiée à un échange avec les experts de la base sur ce que nous avons appris ici depuis notre arrivée, en ce qui me concerne depuis 11 semaines.
Revenons sur la Fondation :
Les pluies nombreuses et continues à Chengdu nous ont empêché de rejoindre la base de Chengdu le jeudi 11 juillet au matin. La situation étant meilleure en fin de matinée, nous avons pu assister à l'activité de l'après-midi : il s'agissait d'une présentation de la Fondation de Chengdu sur la recherche et l'élevage du panda géant (Chengdu Giant Panda Breeding Research Foundation) par Madame Yan en charge de la fondation, et Madame Qing Juan, directrice de l'activité "Keeper experience".
Cette fondation, qui travaille de concert avec la base de Chengdu, a été établi en 1987. C'est une organisation à but non lucratif et enregistré auprès des autorités chinoises.
L'objectif principal de cette fondation est de fournir des fonds pour l'élevage et la conservation du panda géant et d'autres espèces animales en danger, de protéger la biodiversité et l'environnement, et ce pour améliorer la conservation ex situ et in situ des espèces en danger.
Pour cela, depuis son établissement, la Fondation a collecté 100 000 000 RMB (environ 12,3 millions d'euros) au travers de différents canaux : le grand public, les entreprises et les organisations.
La Fondation affecte ensuite les fonds collectés à des projets préalablement sélectionnés. Ainsi, depuis son établissement, la Fondation a subventionné plus de 220 projets de recherche scientifique dans les domaines de la nutrition, de l'élevage, du contrôle des maladies, des hormones de la reproduction, de la génétique, mais aussi en faveur de projets écologiques et d'éducation à la conservation. De plus, 230 chercheurs engagés dans la conservation du panda géant ont bénéficié de formations. Les bénéficiaires de ces fonds sont la base de Chengdu, le Sichuan Key Laboratory of Conservation Biology on Endangered Wildlife, le zoo de Chengdu mais aussi 5 grandes universités chinoises, les réserves naturelles de Longxi-Hongkou et de Baishuihe, et d'autres organisations de recherche et de conservation du panda géant.
Plusieurs travaux scientifiques supportés par la Fondation ont donné lieu à des publications majeures dans les journaux scientifiques internationaux ou chinois.
La Fondation a également financé la construction d'une partie de la base de Chengdu, mais aussi du Muséum du panda géant à l'intérieur de la base, et subventionne la construction de la Vallée du Panda à Dujiangyan.
Dans les années passées, la Fondation a également joué un rôle clef pour encourager la coopération scientifique et les échanges entre les organismes chinois et les organisations internationales de conservation de la vie sauvage, dont l'IUCN/SSC/CBSG, Conservation International, Association of Zoos and Aquariums (AZA), l'Université de Liverpool, l'Université de Nihon,...
Une des sources de fonds pour la Fondation est l'activité dénommée "Panda keeper experience", que les visiteurs de la base de Chengdu peuvent choisir et à laquelle nous avons pu assister le mardi 9 juillet après-midi. Le prix de l'activité est de 2000 RMB (environ 250 euros), soit un tarif plutôt élevé, donc il faut percevoir cette activité avant-tout comme une forme de donation. Durant 30 minutes, les participants vont écouter une présentation générale de l'espèce, vont pouvoir laver des bambous et enfin le clou de l'activité : prendre une photo avec un jeune panda.
Cette activité est parfois critiquée, et je laisserai chacun se forger son propre avis, mais pour avoir assisté à la photo, j'ai pu constater que le jeune panda ne semblait pas du tout perturbé par l'exercice et il incarne à lui seul un des rôles de l'élevage en captivité qui consiste à susciter de l'émotion visant à la collecte d'argent. Des sommes importantes sont collectées via ce canal, sommes revenant en intégralité à la fondation, et servant à financer les différents projets mentionnés ci-dessus.
Notons que les participants à l'expérience repartent avec une photo, un tee-shirt et un certificat.
Connie Woodland, une américaine de Fuellirton (Californie), qui a assisté à l'expérience le mardi 9 s'est dite très contente d'avoir pu approcher de si près un jeune panda et d'avoir une photographie souvenir avec lui. Ce jour là le "panda modèle" était Oreo (Ao Liao) né le 28 juillet 2012 (lire l'article).
En plus des activités programmées de la Fondation, et des programmes qui sont sponsorisés chaque année après une validation en comité de pilotage, la Fondation intervient également sur des projets d'urgence, notamment en matière d'éducation à la conservation. Par exemple, une activité aura lieu le jeudi 18 juillet avec des enfants du comté de Lushan, touché par le séisme du 20 avril 2013 (lire l'article).
Une autre forme directe d'aide pour la Fondation est le volontariat. Seules 33 personnes sont salariées et de nombreux experts ou autres personnes aident temporairement l'association.
Enfin, deux autres formes de support financier sont possibles : le don direct d'argent et l'adoption de pandas, géant ou roux.
La donation consiste à donner de l'argent pour supporter un projet défini et le don est encadré par un contrat.
L'adoption consiste à adopter symboliquement un animal durant une période d'un an ou plus, voire pour la durée de vie de l'animal. Le donateur reçoit des nouvelles régulières du panda qu'il a adopté et peut même renommer l'animal. D'autres bénéfices lui sont accordés.
Enfin une autre source d'argent pour la fondation est l'argent des prêts de pandas hors de Chine. Ce n'est plus un secret, les zoos qui hébergent des pandas versent une somme annuelle (environ 1 000 000 dollars US par an) et l'utilisation de cet argent est strictement encadrée par les contrats qui régissent les prêts. Ainsi, dans les cas des pandas prêtés par la base de Chengdu, 51% de la somme revient à l'Administration d'Etat des Forêts (State Forestry Administration) pour la protection des pandas sauvages et de leur habitat ; et le reste du montant, soit 49% revient à la Fondation. Ainsi, l'argent ne sert par exemple pas à payer le salaire du personnel de la base, ni les charges courantes. Il est uniquement mobilisable pour les projets de la Fondation que j'ai détaillé ci-dessus.
Le fonctionnement courant de la base (salaires du personnel, frais courants, nourriture des pandas, médicaments...) est financé par les visiteurs au travers des tickets d'entrée, et par le gouvernement de Chengdu.
Activités du vendredi 5 juillet 2013 matin :
Comme chaque vendredi matin, c'est direction le secteur "Moonlight nursery house". Ce matin, la température n'étant pas encore trop élevée, nous avons pu entrer dans l'enclos extérieur où se trouvaient trois des jeunes nés l'an dernier à la base de Chengdu : la femelle Xiao Qiao née le 12 août 2012 (lire l'article), le mâle Si Yi né le 19 août 2012 (lire l'article) et enfin la femelle Yuan Run née le 25 août 2012 (lire l'article).


Xiao Qiao - Moonlight nursery house - 5 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE


Yuan Run - Moonlight nursery house - 5 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Si Yi - Moonlight nursery house - 5 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Yuan Run et Si Yi - Moonlight nursery house - 5 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE


Moments inoubliables avec Xiao Qiao - Moonlight nursery house - 5 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Enfin, cette matinée fut aussi l'occasion de voir Shi Shi, qui occupait un enclos extérieur dans le même secteur "Moonlight nursery house". Shi Shi est né le 10 septembre 1998 à la base de Chengdu et a été prêté au Centre Chinois de Recherches et de Conservation du Panda Géant (China Conservation and Research Center for the Giant Panda) de début 2006 à février 2012 dans le cadre d'un programme d'échange de pandas entre ces deux institutions (lire l'article). Agé de 15 ans, Shi Shi est le père du mâle Lan Zi né à la base de Chengdu le 21 octobre 2004, de la femelle Si Yuan née le 22 octobre 2004 à la base de Chengdu, et de la femelle Si Xue née le 22 juillet 2006 au centre de Wolong (lire l'article).





Shi Shi - Moonlight nursery house - 5 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE

Si Yuan, fille de Shi Shi - Moonlight nursery house - 5 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Activités du jeudi 4 juillet 2013 :
Journée un peu particulière pour moi, puisque j'étais suivi ce jeudi par une équipe de France 2, une chaîne du groupe France Télévisions, dans le cadre d'un reportage qui sera diffusé dans les jours qui arrivent dans un des Journaux télévisés de la chaîne.
La matinée a été consacrée au nettoyage des enclos intérieurs de De De dans le secteur "Adult panda enclosure" et de Ai Bang dans le secteur "Sub-adult panda enclosure".
Le mâle De De est l'un des jumeaux nés au zoo de Madrid (Espagne) le 7 septembre 2010 (lire l'article) et transférés en Chine le 18 mai dernier (lire l'article). Sortis de quarantaine le 24 juin 2013 (lire l'article), De De et son frère A Bao vivent depuis dans le secteur "Adult panda enclosure".
La femelle Ai Bang, connue aussi sous le nom Ai Hin, est née au zoo Adventure World de Shirahama, au Japon le 23 décembre 2006 (lire l'article). La portée était jumelle et Ming Bang, connu aussi sous le nom de Mei Hin, est son frère jumeau. Ming Bang et Ai Bang ont rejoint la base de Chengdu le 14 décembre 2012 (lire l'article). Depuis, Ming Bang a été envoyé au zoo de Liuzhou, dans la province chinoise du Guangxi.
Enfin, nous avons pu échanger avec les journalistes sur les comportements du panda mâle Yong Yong, notamment en terme de marquage du territoire. Ce jeudi 4 juillet Yong Yong, né le 26 août 2004, occupait un enclos extérieur également dans le secteur "Sub-adult panda enclosure".
De 14 à 15 heures, Sarah Bexell nous a fait partager une présentation passionnante sur l'intelligence animale et la sensibilité animale. "L'homme est le seul animal à penser qu'il n'en est pas un", tout est résumé dans cette expression. Les animaux, tout comme l'homme qui en est un, ont des modes de communication, des émotions, des sensibilités, et de nombreuses études scientifiques sont là pour le prouver. Une société qui ne respecte pas le vivant est toujours une société qui ne respecte pas ses hommes.
Ensuite, j'ai pu distribuer des pommes aux six jeunes pandas nés en 2011 et qui partagent le même enclos dans le secteur "Panda cub enclosure". Séparés récemment de leur mère adoptive Mao Mao (lire ma chronique d'hier mercredi 3 juillet ci-dessous), ils n'en ont pas moins démontré un vif intérêt pour cette gourmandise !
Enfin, nous avons pu rencontrer Mme Wang Shuqun, une des soigneurs du secteur "Sunshine nursery house". Elle nous a indiqué que les quatre pandas nés en 2012, le mâle Ao Liao (alias Oreo) né le 28 juillet (lire l'article), les jumeaux mâles Cheng Shuang and Cheng Dui nés le 12 septembre (lire l'article), et la femelle Miao Miao née le 4 septembre (lire l'article) sont élevés en alternance par Li Li (mère de Ao Liao) et Cheng Ji (mère de Cheng Shuang et de Cheng Dui). L'information à retenir est qu'il n'y a pas de répartition prédéfinie et que les quatre jeunes peuvent très bien se retrouver ensemble avec une même mère de substitution ou bien être affectés à l'une ou l'autre des deux mères, sans pour autant que ce soit toujours le même jeune avec la même mère.
La "Sunshine nursery house" héberge neuf femelles potentiellement enceintes cette année et 3 soigneurs dorment sur place toutes les nuits car des naissances peuvent arriver dans les tous prochains jours. Ces 3 soigneurs se relaient pour dormir et ainsi un est toujours éveillé pour surveiller les femelles. La journée, 5 soigneurs travaillent dans ce secteur.
Ce jeudi 4 juillet, ce sont donc 15 pandas qui vivent dans la "Sunshine nursery house", les 9 femelles potentiellement enceintes, auxquelles il faut ajouter Li Li, Cheng Ji et 4 des jeunes nés en 2012.
Activités du mercredi 3 juillet 2013 :
Mardi 25 juin dernier (lire ma chronique du mois dernier), nous avions observé le comportement de pandas face à un objet d'enrichissement.
Retour ce matin dans le secteur "No.2 Panda house" où j'ai pu observer pendant une heure le panda Long Long, un mâle âgé d'environ 18 ans secouru le 16 avril 2012 dans la réserve naturelle de Longxi-Hongkou (pour en savoir davantage sur ce sauvetage, lire ma chronique du 15 novembre 2012 lors de la finale du concours Pambassador).
Seul changement par rapport à la semaine dernière : l'objet d'enrichissement. Le 25 juin dernier, nous avions utilisé un sac en toile de jute comportant quelques jeunes pousses de bambous ainsi que des morceaux de pommes. Cette fois-ci l'objet est un tube en PVC d'une vingtaine de centimètres de diamètre fermé d'un seul côté dans lequel nous avons placé des morceaux de pommes puis des tiges de bambous. L'objet a été suspendu dans la cage de Long Long.

L'objet d'enrichissement utilisé avec Long Long pour cette seconde séance d'observation comportementale - 3 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Long Long a passé sa vie dans le milieu naturel si bien qu'il a une vue et une ouïe très développées et il est toujours en alerte au moindre bruit ou passage d'un soigneur ; mais aussi très timide si bien qu'il n'a pas investigué l'objet pendant l'heure d'observation, sans doute à cause de la présence des soigneurs qui travaillaient à proximité mais aussi à cause de ma présence. Cependant, Long Long a accepté une pomme que je lui ai donné à la fin de la séquence d'observation. Il est venu chercher la pomme que je lui tendais, et semble-t-il que c'est relativement rare qu'il accepte de la nourriture qui ne soit pas distribuée par une personne qu'il connaît davantage.
Enfin, Long Long s'est également vu attribuer un gâteau spécial panda.


Long Long - No.2 Panda house - 3 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
A 14 heures, Sarah Bexell, en charge du projet d'éducation à la conservation lors des camps d'été dans des réserves naturelles avec des enfants, nous a exposé des possibilités de jeux à mettre en pratique avec les enfants tout en faisant émerger des notions relatives à la protection des habitats et de la vie sauvage.
Enfin, nous nous sommes rendus dans le secteur "Adult panda enclosure" où nous avons pu humidifier et nourrir Qiao Qiao. Qiao Qiao est un mâle arrivé à Chengdu en février dernier. Né dans le milieu naturel en 2004, il a été capturé dans le comté de Changqing (Monts Qinling, province du Shaanxi) le 9 avril 2006 puis a été transféré le jour suivant au Centre de sauvetage et de recherche sur les animaux sauvages du Shaanxi (Shaanxi Province Wild Animal Rescue & Breeding Center) située dans la ville de Louguantai (province du Shaanxi). Il a été transféré de Louguantai à Chengdu avant la saison des amours mais ne s'est pas accouplé. Sa semence a cependant été collectée pour inséminer des femelles de la base.

Qiao Qiao - 3 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Surprise ce jour là, Mao Mao occupait un enclos dans ce même secteur "Adult panda enclosure". Fu Wa, connue aussi sous le nom de Mao Mao, une femelle née le 6 septembre 2003, prenait en charge jusqu'à peu les trois paires de jumeaux nés en 2011 : He Qi et He Mei, deux femelles, Shuang Xin et Shuang Xi, deux femelles également, et Cheng Da et Liu Yi, une femelle et un mâle. Mao Mao et ces six jeunes occupaient un enclos dans le bâtiment "Giant panda cub enclosure".
Cependant, depuis quelques jours, il était de plus en plus difficile pour Mao Mao d'allaiter et de s'occuper des six jeunes. Maintenant âgés de presque deux ans, ils blessaient parfois Mao Mao lors de la têtée et Mao Mao cherchait à éviter au maximum les six jeunes ces jours derniers. Par exemple, lorsque le soigneur Tan JinTao appelait les six pandas et Mao Mao pour les faire rentrer et leur donner à manger, Mao Mao préférait rester à l'extérieur pour être seule que de rentrer avec les jeunes. La décision a donc été prise de séparer Mao Mao des six jeunes qui ont maintenant atteint un âge leur permettant de vivre seuls.
Activités du mardi 2 juillet 2013 :
Ce mardi matin était consacré à la nutrition des pandas géants en captivité. Dans la nature, les pandas sauvages sélectionnent les espèces de bambous les plus nutritives dans une région donnée et se nourrissent des parties de la plante les plus riches et les plus nutritives. A cause du nombre limité d'espèces de bambous fournies en captivité, de même que leur qualité nutritive inférieure, il est nécessaire de compléter l'alimentation des pandas captifs pour combler le déficit nutritif. La nourriture concentrée à base de céréales distribuée en captivité en complément du bambou ne doit cependant pas représenter plus de 10% de l'alimentation, idéalement 5%.
Les pandas de la base de Chengdu se voit offrir au quotidien des gâteaux spécial panda, dénommés "wowotou". Ce gâteau est composé de riz, d'huile végétale, de farine de blé, de maïs, de soja, de flocons d'avoine, d'eau, de phosphate de calcium (CaHPO4), de carbonate de calcium (CaCO3) ; mais aussi de vitamines.
Une fois les ingrédients mixés, il s'agit de mouler les gâteaux avant de les faire cuire, et cela a été notre activité dans la cuisine de la base.




Mixage des différents ingrédients, moulage des gâteaux, cuisson et les gâteaux prêts à être envoyés dans les enclos
2 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Nous avons ensuite lavé le bambou qui est ensuite distribué dans les enclos.

Nettoyage des pousses de bambous fraîchement coupées - 2 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Enfin, nous avons distribué le gâteau spécial panda aux pandas roux qui comme les pandas géants en reçoivent au quotidien. La recette est similaire mais les gâteaux comportent plus d'eau car les pandas roux n'ont pas la même force de mastication.


Un oiseau s'empare d'un morceau de cake destiné aux pandas roux - 2 juillet 2013 - © Jérôme POUILLE
Le mardi 2 juillet après-midi, nous avons bénéficié d'informations sur l'éducation à la conservation à la base de Chengdu. Mme Xu Ping, en charge du département d'éducation à la conservation à la base de Chengdu nous a expliqué que la base utilise principalement 6 canaux pour favoriser cette éducation à la conservation :
- la formation, notamment d'enseignants, du personnel des réserves naturelles, des parents, des éducateurs dans les zoos,...
- l'intervention auprès du public scolaire : participation aux programmes scolaires, intervention dans les écoles, expositions dans les écoles...
- les projets dans les réserves naturelles : développement de supports pour les activités, camps d'été pour les enfants,...
- les programmes vis à vis des communautés locales : expositions, réunions, échanges...
- l'éducation des touristes : programme dans les réserves naturelles, activités à la base de Chengdu avec les adultes et les élèves, camps d'été à la base, volontariat,...
- l'édition de supports : livres, revues, site internet ; et événements ponctuels : l'opération WWF Earth Hour avec le panda Mei Lan, Chengdu Pambassador, nouvel an chinois,...
Enfin, à 15 heures, Sarah Bexell est revenue sur la perte de biodiversité qui se traduit par la perte de diversité génétique, par la perte des espèces animales et végétales, par la perte des habitats et de la diversité des écosystèmes, mais aussi par la perte de certains comportements (exemple de certains oiseaux qui ne migrent plus à cause du réchauffement climatique). L'homme est indiscutablement le responsable de ces maux qui engendreront certainement des effets irréversibles et inattendus dans le futur.
Visites de zoos et compte-rendus

Retour à la base de Ya'an Bifengxia ces samedi 29 et dimanche 30 juin.
C'est ma seconde visite, puisque j'avais eu l'opportunité de visiter cette base pour la première fois le 17 mai dernier avec mon amie Chet.
Ce rapport s'inscrit donc en complément du précédent (lire l'article) afin d'éviter les redondances.
A cette période, relativement peu de pandas sont visibles à la base car la saison des amours a pris place quelques semaines auparavant et de nombreuses femelles sont potentiellement enceintes, donc à l'abri des yeux des visiteurs car des naissances peuvent arriver d'un jour à l'autre. Elles ont besoin de calme, et les secteurs qui les hébergent (notamment le "New breeding center" mais aussi le "New Leopard center") ne sont pas accessibles. A noter qu'en temps normal, seul le "New Leopard center" est accessible, le "New breeding center" étant réservé aux chercheurs et autre personnel de la base.
Cette année, de nombreuses femelles se sont accouplées ou ont été inséminées donc la majorité des pandas visibles les deux jours de ma visite étaient des mâles ou des femelles immatures.
Le samedi 29 matin, j'ai pu rencontrer Amélie Le Roy, une française née sur l'île de la Réunion et qui commence un stage à la base de Ya'an Bifengxia.
En Master "écologie fonctionnelle, comportementale et évolutive" à l'Agrocampus Ouest de Rennes, Amélie s'intéresse particulièrement au lien étroit qui existe entre les espèces animales et leur environnement, comment ils interagissent ensemble, et quels rôles jouent chaque espèce vis à vis d'autres espèces ou leur environnement.
Avec de nombreuses expériences derrière elle, que ce soit en terme de voyages ou de projets en lien avec ses sujets d'études, elle a commencé il y a tout juste quatre jours son stage à Bifengxia.
Elle a été impliquée dans plusieurs sujets de recherches auparavant, notamment au Guatemala où elle s'est concentrée sur le jaguar, sur l'espèce de tortue aquatique Dermatemys mawii et sur la réintroduction potentielle du ara rouge, mais aussi en Argentine où elle a étudié la prédation des pumas sur les jeunes guanacos. Etudes dans le milieu naturel, monitoring, suivi des espèces à distance via caméras ou radiotélémétrie, observations comportementales, et éducation à la conservation sont autant de sujets qui la passionnent et qui ont guidé ses choix de stage par le passé.
A Bifengxia, Amélie effectue son stage pour le compte de l'association PDX Wildlife. Cette association américaine est impliquée dans des recherches scientifiques dont le but est d'améliorer la conservation des espèces, et ce au travers de recherches dans le domaine de l'élevage en captivité, mais aussi dans une optique de restauration des habitats et d'éducation du public.
Les trois principaux objectifs de cette association, tels qu'ils sont listés sur leur site internet (pdxwildlife.com), sont l'amélioration des techniques d'élevage en captivité des espèces en danger notamment par l'amélioration du succès de la reproduction, le suivi des contaminants environnementaux qui peuvent nuire à la survie des espèces, et enfin l'éducation des individus et des communautés pour améliorer la conservation des espèces et des habitats.
L'association PDX Wildlife s'est entourée de scientifiques et c'est Meghan Martin, en cours de doctorat en comportement animal à l'Université d'Etat de Portland (Portland State University), qui est plus particulièrement en charge des actions de cette association pour le panda géant.
Meghan Martin s'intéresse plus particulièrement au lien entre le comportement et la reproduction en captivité, et par conséquent aux méthodes d'élevage qui peuvent améliorer le succès de la reproduction.
Chaque année, Meghan accueille des stagiaires à la base de Bifengxia pour l'assister dans ses recherches sur les préferences sexuelles des pandas, et Amélie prends le relais de Stéphanie McMahon, une canadienne qui vient de passer quatre mois sur place. Amélie va rester deux mois à Bifengxia et elle va poursuivre les travaux de Stéphanie sur la personnalité des pandas et les comportements stéréotypiques.
Le sujet de recherche de Meghan et des stagiaires porte sur le comportement reproducteur et notamment l'association entre personnalités des pandas mâles et femelles et choix pour l'accouplement. Dans le prolongement, il s'agit aussi d'établir un lien éventuel entre préférence sexuelle et conséquence sur le comportement maternel des mères pandas avec leur jeune. Transversalement, l'équipe souhaite investiguer les comportements stéréotypiques et peut-être faire un lien entre ces comportements et la personnalité des pandas ou d'autres facteurs, et proposer des solutions pour réduire ce comportement synonyme d'ennui ou de stress en captivité.
Cette matinée fut très riche, notamment grâce à la gentillesse d'Amélie mais également à ses expériences passées mais aussi à venir qu'elle nous a fait partager avec beaucoup de passion. C'est avec plaisir que nous avons partagé avec elle notre déjeuner à la base.

Amélie, près de Cui Cui, une femelle âgée de 7 ans - New breeding center - 1er juillet 2013 - © Amélie LE ROY
En plus d'être le lieu d'implantation de la base des pandas, la vallée de Bifengxia est également un site touristique réputé à Ya'an. D'une altitude comprise entre 800 et 2400 mètres, cette vallée aux pentes abruptes et à la végétation semi-tropicale est accessible aux visiteurs pour une randonnée jalonné de cascades. La température annuelle moyenne de la vallée est comprise entre 12 et 14°C et les précipitations annuelles entre 1500 et 1800 mm. L'humidité relative est d'environ 80% durant toute l'année.
Selon un recensement préliminaire, la vallée héberge au moins 2000 espèces de plantes supérieures dont 400 espèces d'arbres, 100 espèces différentes de bambous et environ 200 espèces de fougères. Auxquels il faut ajouter de nombreuses espèces de bryophytes (mousses).









La vallée de Bifeng, un paysage verdoyant, magnifique et riche en biodiversité - 29 juin 2013 - © Jérôme POUILLE

La base de Bifengxia a intégré ses enclos dans le paysage, et ces derniers ont épousé le relief local.
Vue sur les enclos du secteur "Baixiongping" - 29 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Ci-après la présentation de quelques pandas que j'ai pu observer et photographier durant mes deux jours sur place.
Yi Bao est un panda mâle, il a été capturé dans le milieu naturel le 10 décembre 2006, alors âgé de quelques semaines. Trouvé dans le comté de Baoxing (province du Sichuan), les hommes ont soupçonné qu'il avait été abandonné par sa mère et l'ont capturé. Immédiatement transféré au centre de Wolong (lire l'article), il a ensuite rejoint la base de Ya'an Bifengxia le 18 juin 2008 consécutivement à la destruction du centre de Wolong par le séisme de mai 2008.

Yi Bao - Baixiongping - 29 juin 2013 - © Jérôme POUILLE


Yi Bao - Baixiongping - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Xiang Ge est né au centre de Wolong le 7 août 2007. Malgré le séisme de mai 2008, Xiang Ge faisait partie des quelques pandas qui sont restés à Wolong un an de plus (lire l'article) alors que la majorité des pandas avaient été envoyés vers Bifengxia ou d'autres zoos après la destruction du centre de Wolong. Il avait rejoint Bifengxia seulement le 25 avril 2009 (lire l'article). Xiang Ge a rejoint ensuite le zoo de Beijing pour une durée d'environ un an, aux côtés de cinq autres pandas, le 29 avril 2009, pour célébrer le 60ème anniversaire de la fondation de la République Populaire de Chine (lire l'article). Depuis juin 2010, Xiang Ge vit à Bifengxia. La mère de Xiang Ge est Hai Zi, la femelle qui a donné naissance à des jumeaux à Bifengxia le 22 juin dernier (lire l'article).

Xiang Ge - Baixiongping - 29 juin 2013 - © Jérôme POUILLE

Xiang Ge - Baixiongping - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Le père de Xiang Ge est Wu Gang, un mâle père d'au moins 17 pandas, et capturé dans le milieu naturel (comté de Baoxing) en mai 2000. Agé d'à peine un an, Wu Gang va être transféré au centre de Wolong quelques mois après sa capture. Il va être définitivement transféré à Bifengxia après le séisme de mai 2008, soit le 21 juillet 2008.
Wu Gang est entre autres le père de Feng Yi, la femelle qui va prochainement rejoindre la Malaisie (lire l'article), et de Wu Jie le mâle envoyé à Singapour le 6 septembre 2012 (lire l'article).




Le mâle Wu Gang bénéfie d'un grand enclos avec relief - Old Leopard Mountain - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Tong Tong, un mâle, est né le 30 août 2004 au centre de Wolong (lire l'article) et sa mère est Long Gu, connue aussi sous le nom No.20 (20#). Tong Tong a passé plus de quatre ans de sa vie au Shanghai Wild Animal Park, de mars 2006 à novembre 2010, avant de rejoindre la base de Bifengxia.


Tong Tong - Baixiongping - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Deux autres pandas ont été envoyés au Shanghai Wild Animal Park en mars 2006, il s'agit du mâle Ya Ao qui vit toujours à Shanghai (lire l'article) et du mâle Rong Rong. Rong Rong, tout comme Tong Tong, est revenu à Bifengxia en novembre 2010. Rong Rong est né le 12 juillet 2004 au centre de Wolong (lire l'article), et a également passé quelques mois, de décembre 2011 à début 2013, au Langzhong panda paradise amusement park avant d'être remplacé par Fu Long (lire mon rapport sur ce parc d'attractions).


Rong Rong - Baixiongping - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
La femelle Shui Xiu est une des femelles potentiellement enceintes cette année. Shui Xiu est née dans le milieu naturel et son année de naissance est estimée à 2003 +/- 2 ans. Cette femelle panda avait été trouvée par des villageois le 22 mars 2008 vers 7h du matin sur une route à proximité du village de Shuixiu dans le comté de Beichuan, lieu où aucun panda n'avait été vu auparavant. Une équipe d'une douzaine de sauveteurs avait passé 4 heures à la capturer. Elle avait une blessure à la patte gauche et elle avait été transférée dans l'après-midi même au centre de Wolong pour traitement. Il est probable que cette femelle venait soit de la réserve naturelle de Xiaozhaizigou soit de celle de Qianfoshan. Suite à sa blessure, Shui Xiu a dû être amputée d'un morceau de sa patte avant gauche. Shui Xiu a rejoint la base de Bifengxia le 11 mars 2009 où elle a donné naissance à deux paires de jumeaux : Ao Ao et Feng Feng le 1er août 2010 (lire l'article) et à des petits non encore nommés le 24 juillet 2012 (lire l'article) après s'être accouplée naturellement avec le mâle Yi Bao.
Malgré son handicap, Shui Xiu est très agile et je l'ai surprise le dimanche 30 juin perchée très haut dans un arbre du secteur "New Leopard Mountain".



Shui Xiu - New Leopard Mountain - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Shu Qin est un mâle né le 26 août 2009 à la base de Bifengxia (lire l'article). Sa mère est Ying Ying, née dans le milieu naturel et capturée en mars 1992 dans la réserve naturelle de Wolong.




Shu Qin - Old Leopard Mountain - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Shen Bin, une femelle, est née le 20 août 2009 à la base de Ya'an Bifengxia (lire l'article). A sa naissance, Shen Bin se distinguait par un poids relativement élevé, 213,8 grammes ! Sa mère est Le Sheng.


Shen Bin - Old Leopard Mountain - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Dai Li est un autre panda né dans le milieu naturel et qui vit dorénavant en captivité. Né en 1999, ce mâle a été secouru le 8 mai 2001 dans le comté de Baoxing (province du Sichuan) à l'âge de presque deux ans. A sa capture, il a dû être amputé de sa patte arrière gauche après une blessure.

Dai Li - Old Leopard Mountain - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
An Mei, une femelle généralement appelée You You (prononcé Yo Yo) à Bifengxia, est née le 3 août 1998 au centre de Wolong. Elle a rejoint Bifengxia après le séisme de mai 2008, soit le 23 mai 2008. Elle a eu 7 petits dans le passé : les jumelles Qian Qian et Duo Duo nées le 11 septembre 2006 (lire l'article), la femelle Xin Nier née le 28 septembre 2007 (la portée était jumelle mais le second petit n'a pas survécu), le mâle Xiang Lu né le 23 juillet 2009 (lire l'article), et les jumelles nées le 19 octobre 2010 (lire l'article) mais dont seule Zhi Chun a survécu.

You You - Baixiongping - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
La femelle Qing Qing, née le 23 février 2007 au centre de Wolong (lire l'article), occupait un des enclos dans le secteur "Old breeding center" le jour de ma visite. Agée d'à peine six ans, elle n'a jamais été mère auparavant.

Qing Qing - Old breeding center - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Le secteur "Panda kindergarten" héberge 6 jeunes pandas nés l'été 2012, répartis en nombre égal dans deux enclos extérieurs. Il s'agit de la petite de Long Xin née le 28 juillet 2012 (lire l'article), des petits de Xi Mei (un mâle et une femelle) nés le 11 juillet 2012 (lire l'article), des petits de Shui Xiu nés le 24 juillet 2012 (lire l'article) et du petit de Ye Ye né le 21 août 2012 (lire l'article).










Six des jeunes nés l'été 2012 - Panda kindergarten - 30 juin 2013 - © Jérôme POUILLE

Ecole aux couleurs de Da Xiong Mao, dans la ville de Ya'an - 29 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Remerciements : Amélie Le Roy, Meghan Martin, Charlene Johnson, les soigneurs de Bifengxia
Visites de zoos et compte-rendus

Mercredi 26 juin matin à la Vallée du panda, Panda Valley son nom anglais officiel, une base également connue sous le nom de Centre de Dujiangyan Chengdu de recherches sur le terrain sur les pandas géants (Dujiangyan Chengdu Field Research Center for Giant Pandas). Cette base, une antenne de la base de recherches de Chengdu sur l'élevage du panda géant (Chengdu Research Base of Giant Panda Breeding) et spécifiquement conçue pour mener des recherches sur la réintroduction potentielle dans la nature de pandas nés en captivité, a été inaugurée en janvier 2012 (lire l'article) et est implantée dans le village de Baima (commune de Yutang) dans la banlieue de la ville de Dujiangyan, au nord-ouest de la ville de Chengdu.
L'objectif de cette matinée était principalement d'appréhender la richesse naturelle et écologique de cette vallée.
En effet, à ce jour, seule la première partie de la base est construite, mais cette première partie n'occupe qu'une petite partie de la vallée. Nous avons pu randonner dans le reste de la vallée, le long du cours d'eau, où nous avons découvert la richesse animale et végétale des lieux. C'est dans cet espace relativement naturel que le centre souhaite établir des enclos pour former des pandas captifs à vivre dans des conditions plus similaires à celles de leurs congénères sauvages.
C'est donc dans le prolongement de la première partie que seront construites les seconde et troisième phases de la base. Pour cela, l'aspect naturel du site sera préservé au maximum pour établir des enclos semi-naturels.


Deux vues sur le paysage environnant la base de Dujiangyan - 26 juin 2013 - © Jérôme POUILLE









Un environnement riche en biodiversité. La fleur blanche est une espèce de lys - 26 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Nous avons terminé par une visite des pandas qui se trouvent actuellement dans le premier secteur déjà construit.
Je ne reviendrai pas sur la base en général que j'avais déjà décrit lors de mes activités sur place les 22, 23 et 24 mai derniers (lire l'article).
Deux éléments que je souhaite souligner :
- quelques confusions et questions demeuraient sur le jeune panda qui vit avec la femelle Qi Zhen. J'avais assisté l'an dernier (lire ma chronique du 16 novembre 2012) au transfert de Qi Zhen et sa fille Zhen Zhen ; mais le mois dernier (lire l'article) c'était Ai Li qui se trouvait avec Qi Zhen, et non plus Zhen Zhen. J'ai questionné le soigneur expérimenté He Xing Yuan, qui travaille depuis 20 ans auprès des pandas, et il m'a affirmé que Zhen Zhen et Ai Li avaient été échangées plus tôt cette année, les experts souhaitant mener des études avec Ai Li. Ai Li est née le 24 juillet 2011 à la base de Chengdu (lire l'article). Sa mère est Li Li. Zhen Zhen est quant à elle à Chengdu.

Qi Zhen (au premier plan) et Ai Li (couchée sous la plate-forme) partagent le même enclos - 26 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
- un septième panda se trouve à Dujiangyan et le panda supplémentaire par rapport au mois de mai dernier est Yuan Lin. Ce mâle a été transféré à Dujiangyan il y a quelques jours, il vivait auparavant dans un des enclos du secteur "Adult panda enclosure" de la base de Chengdu avec deux autres pandas du même âge : Er Xi et Ya Yun. Ces derniers ont aussi quitté Chengdu pour rejoindre Changsha, le 17 juin 2013. Yuan Lin est né le 15 août 2010 à la base de Chengdu (lire l'article). Sa mère est Yuan Yuan. Yuan Lin occupe l'enclos N°2b.

Zoom sur les trois bâtiments auxquels sont rattachés trois grands enclos extérieurs dont chacun a été récemment scindé en deux.
Yuan Lin occupe l'enclos N°2b, laissé vide après le départ de Qi Qi et Zhi Zhi vers Beijing
où ils sont exposés à l'occasion de la "9th China (Beijing) International Garden Expo"
© CRBGPB modifié par Jérôme POUILLE

Yuan Lin - Enclos N°2b - 26 juin 2013 - © Jérôme POUILLE

Le 26 juin après-midi, nous avons visité le village de Shuimo, situé dans le comté de Wenchuan et sévèrement affecté par le séisme de mai 2008.
Il a été reconstruit en respectant le modèle architecturale des temps anciens. Des pandas fleuris ouvrent les portes du village.
26 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Visites de zoos et compte-rendus

Le Parc des animaux sauvages de Shanghai, dénommé dans la suite de l'article par son nom anglais "Shanghai Wild Animal Park" a été établit par le Gouvernement municipal de Shanghai et l'Administration d'Etat des forêts (State Forestry Administration) et a ouvert ses portes aux visiteurs le 18 novembre 1995. Il occupe une superficie de 153 hectares dans le district de Nanhui, côté Pudong, et se situe à environ 35 kilomètres du centre ville de Shanghai.
Zoo de Shanghai et Shanghai Wild Animal Park constituent deux parcs zoologiques à part entière, le présent rapport ne concerne que le Shanghai Wild Animal Park.
Notons que ce parc zoologique est encore connu aujourd'hui pour ses shows montrant des animaux un peu à la façon d'un cirque, dans des conditions attristantes. Je n'ai assisté à aucun de ces shows mais ce parc fait régulièrement la une des associations de défense du bien-être des animaux captifs. Il est important de dénoncer ces spectacles d'un autre âge, c'est aussi la vision et les attentes des touristes occidentaux qui permettent de faire évoluer positivement la situation de nombreux zoos chinois.
Dès son ouverture, le Shanghai Wild Animal Park exposait trois pandas. Il s'agissait des mâles Ling Gang et Yue Yue et de la femelle Jia Si, tous trois arrivés dix jours avant l'ouverture et prêtés par le centre de Wolong.
Ling Gang avait été capturé dans le comté de Pingwu (Monts Minshan, province du Sichuan) en mars 1984. Agé d'environ 18 ans à son arrivée à Shanghai, il va mourir moins d'un an après son arrivée, soit le 1er novembre 1996.
Yue Yue avait quant à lui été capturé dans le comté de Yuexi (Monts Liangshan, province du Sichuan) en mars 1988. Il va vivre 17 mois à Shanghai avant de repartir vers le centre de Wolong, le 6 avril 1997.
Enfin, Jia Si a été capturée dans le comté d'Ebian (Monts Liangshan, province du Sichuan) en février 1991. Sa date de naissance estimée est 1983, plus ou moins deux ans. Jia Si est toujours en vie au Shanghai Wild Animal Park mais les visiteurs ne peuvent plus la voir, en tout c'est la réponse qui nous a été faite lorsque l'on a demandé à la voir. Compte-tenu de son âge, elle vit dans un espace calme et non accessible du public. Elle n'a jamais été mère en captivité.
Un nouveau mâle va arriver le 24 mars 1997, prêté aussi par le centre de Wolong. Il s'agissait de Lo Lo, un mâle capturé dans le comté de Baoxing (Monts Qionglai, province du Sichuan) en juin 1984. Lo Lo quittera Shanghai le 16 juin 1999 pour rejoindre Wolong.
Le 14 janvier 2001, le Shanghai Wild Animal Park va recevoir le mâle Guo Qing, né le 18 août 1999 au centre de Wolong. Fait rarissime (seulement deux cas rapportés en captivité), Guo Qing était issu d'une portée de triplets. Sa mère Yong Ba avait donné naissance à des triplets : Xiu Xiu qui n'a vécu qu'à peine plus d'un an, Guo Qing qui va mourir au Shanghai Wild Animal Park le 14 mars 2007 d'une infection rénale, et un troisième petit qui n'a pas vécu plus de 48 heures.
Le 26 avril 2004, le Shanghai Wild Animal Park va recevoir deux femelles pandas prêtées par la base de Chengdu : Su Su qui va quitter Shanghai en mai 2006 et qui est encore en vie aujourd'hui à l'âge d'environ 30 ans (Su Su se trouve actuellement à la base de Chengdu) et Zhu Zhu qui va quitter Shanghai un an après son arrivée, le 29 avril 2005.
Fin mars 2006, le Shanghai Wild Animal Park va recevoir trois pandas mâles prêtés par le centre de Wolong : Rong Rong né le 13 juillet 2004, Ya Ao né le 13 août 2004 et Tong Tong né le 30 août 2004. Rong Rong et Tong Tong sont repartis à la base de Ya'an Bifengxia le 20 novembre 2010 tandis que Ya Ao vit toujours à Shanghai.
En 2010 la ville de Shanghai a été le siège de l’Exposition Universelle. Pour cet événement international, la ville a reçu une dizaine de pandas prêtés par le Centre Chinois de Recherches et de Conservation du Panda Géant (lire l’article). Ces pandas ont partagé leur temps entre le zoo de Shanghai et le Shanghai Wild Animal Park.
Enfin, trois nouveaux pandas mâles vont être transférés au Shanghai Wild Animal Park le 21 septembre 2011 : les frères jumeaux Xing Hui et Xing Rui, nés le 22 juillet 2009 à la base de Ya'an Bifengxia (lire l'article) et Zi Yan né le 14 (15 ?) août 2009 également à Bifengxia (lire l'article).
De son ouverture à aujourd'hui, le Shanghai Wild Animal Park n'a connu aucune naissance de pandas. Ce zoo a même malheureusement connu plusieurs décès de pandas, dont le plus récent est le mâle An An, un des pandas prêtés à l'occasion de l'Exposition Universelle, qui est mort le 16 janvier 2011.
J'ai visité le Shanghai Wild Animal Park le mercredi 12 juin 2013, accompagné d'Erica et de Melissa, mes deux amies Pambassador. Je remercie Erica et ses parents pour cette semaine spéciale à Shanghai et leur temps pour nous guider dans cette immense ville.
Le secteur des pandas se situe à environ 15 minutes à pied de l'entrée, au sud-est.

Plan du Shanghai Wild Animal Park, le secteur des pandas géants est cerclé en rouge - © SWAP modifié par Jérôme POUILLE
Le Shanghai Wild Animal Park expose donc actuellement quatre pandas aux visiteurs mais ne dispose que d'un enclos extérieur visible du public. Cet enclos est très vaste, comporte plusieurs grands arbres qui fournissent l'ombre nécessaire en cas de fortes chaleurs, des plates-formes en bois pour grimper, des points d'eau et des suspensions (pneus, balançoire).



Enclos extérieur, occupé le jour de ma visite par les trois mâles Xing Hui, Xing Rui et Zi Yan - 12 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Ce grand enclos extérieur est occupé par Xing Hui, Xing Rui et Zi Yan, les trois mâles nés en 2009 et arrivés le 21 septembre 2011. Âgés d'à peine 4 ans, ils peuvent être hébergés ensemble sans risque. Xing Hui et Xing Rui sont jumeaux et leur mère est Na Na et leur père Lu Lu. La mère de Zi Yan est Zi Zhu.













Xing Hui, Xing Rui et Zi Yan - 12 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Xing Hui, Xing Rui et Zi Yan disposent également d'un enclos intérieur où les visiteurs peuvent les observer lorsque les températures sont plus élevées.

Premier enclos intérieur, celui de Xing Hui, Xing Rui et Zi Yan - 12 juin 2013 - © Jérôme POUILLE
Un second bâtiment renferme un enclos intérieur comportant une séparation vitrée offrant la possibilité d'exposer deux pandas. Mais actuellement, seul le mâle Ya Ao, né le 13 août 2004 au centre de Wolong et arrivé au Shanghai Wild Animal Park en mars 2006, occupe cet enclos et a accès aux deux moitiés.
La mère de Ya Ao est Gong Zhu, son père Ling Ling. Malgré qu'il soit âgé de presque 10 ans, Ya Ao n'a jamais été père.

Second enclos intérieur, divisé en deux, occupé seulement par Ya Ao le jour de ma visite - 12 juin 2013 - © Jérôme POUILLE



Ya Ao - 12 juin 2013 - © Jérôme POUILLE





